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En Corse, une association réclame en justice la destruction des villas d'un proche de Macron

Bonifacio, en Corse-du-Sud, le 22 octobre 2013. Photo d'illustration

Bonifacio, en Corse-du-Sud, le 22 octobre 2013. Photo d'illustration - PASCAL POCHARD CASABIANCA / AFP

L'association corse U Levante a annoncé samedi qu'elle allait se pourvoir en cassation pour réclamer la destruction des deux villas de Pierre Ferracci, construites sur un site protégé près de Bonifacio.

Ils iront jusqu'au bout. Les membres de l'association corse U Levante vont se pourvoir en cassation pour demander la destruction des deux villas de Pierre Ferracci, a appris samedi France Bleu RCFM. Cet homme d'affaires, proche d'Emmanuel Macron, - il est le père de Marc Ferracci, conseiller spécial de la ministre du Travail et témoin de mariage du président, NDLR - a fait bâtir ses deux habitations sur un site protégé près de Bonifacio, en Corse-du-Sud.

Deux villas de 670 m² chacune

Il s'agit d'un nouveau volet dans l'histoire des villas Ferracci. En 1990, l'homme d'affaires a acheté un terrain de 20 hectares sur la baie de Rondinara près de Bonifacio, dans l'espoir d'y faire construire cinq bâtisses.

La mairie de la ville a d'abord refusé en 1996 de lui accorder son permis de construire. Mais le PDG du groupe de conseil Alpha n'a rien lâché, et a finalement obtenu son sésame en 2006, après une longue bataille administrative.

L'homme a décidé d'entreprendre ses constructions en 2008, pour ne bâtir finalement que deux villas, de 670 mètres carrés chacune. Problème: il a décalé la construction prévue initialement de 150 mètres, et ses habitations se trouvent désormais sur un site classé "espace remarquable", et donc protégé.

Déjà condamné à un million d'euros d'amende

S'en est suivi un long bras de fer avec les associations de défense de l'environnement de l'île de Beauté, qui ont lancé une procédure judiciaire contre le PDG. Le 5 juillet 2017, Pierre Ferracci a été condamné à un million d'euros d'amende par la cour d'appel de Bastia. 

Une sanction insuffisante pour l'association U Levante, partie civile, qui réclamait en plus la destruction des villas. Le mouvement a alors lancé une pétition en ligne le 11 juillet, intitulée "Pour la démolition systématique des constructions illégales en Espaces protégés!", qui a recueilli à ce jour plus de 35.000 signatures. 

Le pourvoi en cassation, qui est "en cours de rédaction" d'après la direction de l'association interrogée par franceinfo, est l'ultime contre-attaque de U Levante. Un rassemblement anti-villas a été organisé par un collectif soutenu par l'association ce dimanche à Vizzavona, au centre de l'île, réunissant 150 personnes.

Céline Penicaud