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Emeutes à Trappes: la justice rejette un non-lieu sur les violences policières

Des policiers devant le commissariat de Trappes le 21 juillet 2013

Des policiers devant le commissariat de Trappes le 21 juillet 2013 - Miguel Medina - AFP

Les trois policiers, accusés de violence sur un jeune homme de 20 ans lors des émeutes, seront mis en examen

La justice de Versailles a ordonné ce mardi la mise en examen de trois policiers visés par une enquête pour violences sur un jeune homme lors des émeutes de Trappes en 2013. Cette décision annule le non-lieu prononcé précédemment par le juge d'instruction de Versailles. 

Dans son arrêt, la chambre de l'instruction de la cour d'appel de Versailles a estimé qu'il existait "des motifs plausibles de soupçonner que la force déployée à l'occasion de l'interpellation d'Alexandre Costanzo (alors âgé de 20 ans) n'était pas strictement nécessaire, ni proportionnée".

Les trois policiers sont accusés de faits de "violences volontaires par personnes dépositaires de l'autorité publique, en réunion et avec arme".

Roué de coups de pieds et de coups de matraques par la police

La ville de trappes avait connu en juillet 2013 trois nuits d'affrontements entre policiers et habitants devant le commissariat après l'arrestation d'un homme qui s'était opposé la veille au contrôle de son épouse intégralement voilée.

Alexandre Costazo avait expliqué aux enquêteurs s'être arrêté à 200 mètres du commissariat dans la nuit du 19 au 20 juillet "par curiosité" et "pour regarder" les heurts. "Ceinturé au niveau de la hanche puis jeté au sol, il avait reçu un coup de matraque sur le crâne" avant de se rendre, suppliant les policiers de le lâcher. Mais d'autres agents étaient arrivés et "l'avaient criblé de coups de matraques, de coups de pieds et de coups de poing", a indiqué l'arrêt. Le jeune homme avait dû se voir prescrire 45 jours d'incapacité temporaire de travail (ITT). Les policiers issus de l'Unité de Sécurisation et d'intervention des Yvelines avaient justifié les coups de matraques "par la violence dont avait fait preuve" lors de cette interpellation "difficile", menée "dans la pénombre", face à six émeutiers qui leur jetaient des pierres. 

Alexandre Costazo doit de son côté être jugé à Versailles pour "violences et rébellion" lors des émeutes.

la rédaction avec AFP