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Elle déménage et laisse mourir de faim ses chiens

Deux Staffordshire Bull Terrier. (illustration)

Deux Staffordshire Bull Terrier. (illustration) - Darren Flinders - flickr - CC

L'un des trois canidés, un Shar Pei, a réussi à s'enfuir. Mais les deux Staffordshire Bull Terrier sont morts de faim dans la cave d'une maison inoccupée de Sarlat.

Quitter sa maison et laisser ses chiens mourir de faim après les avoir enfermés dans la cave. C'est le scénario qu'a malheureusement choisi une habitante de Sarlat, en Dordogne, partie vivre en Gironde, rapporte lundi France Bleue

Sur les trois chiens abandonnés, deux sont morts. Les policiers municipaux avaient suivi le troisième, un Shar Pei errant dans le quartier de la Poulgue, et l'avaient vu entrer dans la cave d'une maison inoccupée. Un sous-sol dont s'échappait une "odeur nauséabonde". En regardant depuis l'extérieur, les fonctionnaires avaient aperçu deux cadavres de Staffordshire Bull Terrier.

Les gendarmes alertés par leurs collègues alors ouvrent une enquête et retrouvent la propriétaire des chiens. Il s'agit d'une jeune femme de 24 ans partie vivre en Gironde et qui avait assuré à sa famille qu'elle continuait à s'occuper de ses animaux. Le Shar Pei avait été, comme les autres, enfermé dans la cave, mais il avait réussi à s'en échapper. 

Une contravention et non un délit

D'après France Bleue, la jeune femme sera poursuivie pour mauvais traitement devant le tribunal de police. La gendarmerie de Sarlat a confirmé ces poursuites à BFMTV.com. La propriétaire du chien risque une contravention de 4e classe, soit 750 euros d'amendes au maximum.

La peine encourue a "surpris les gendarmes" eux-mêmes, a confié à BFMTV.com le chef d'escadron qui a participé à l'enquête. Elle s'explique par le fait qu'il s'agit de "mauvais traitements" et non de "cruauté sur animal", résume-t-il. Cette qualification implique donc une nature contraventionnelle des faits qui ne constituent donc pas un délit. Auquel cas, la jeune femme aurait été passible de deux ans de prison et de 30.000 euros d'amende et aurait été citée à comparaître devant le tribunal correctionnel.

Maître Hélène Thouy, avocate au barreau de Bordeaux, précise que si l'article l'article 521-1 du Code pénal mentionne bien "l''abandon", ce qui en l'espèce est manifestement le cas, la jurisprudence de la Cour de cassation interprète ce terme de manière très restrictive. "La haute juridiction impose de retenir une intention perverse", explique l'avocate. Une intention qui malgré la gravité des faits, semble toujours difficile à établir.