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"Droit à l'oubli": Google rejette 70% des demandes

Le 29 mai 2014, Google mettait en ligne pour la première fois son formulaire de droit à l'oubli".

Le 29 mai 2014, Google mettait en ligne pour la première fois son formulaire de droit à l'oubli". - Philippe Huguen - AFP

Selon une étude menée par une start-up française, le leader des moteurs de recherche n'accède qu'à seulement 30% des demandes des internautes souhaitant la suppression d'informations les concernant.

Depuis le 13 mai 2014, en vertu d’un arrêté de la Cour de justice de l’Union Européenne (CJUE), les internautes ont le droit de demander aux moteurs de recherche de supprimer des contenus les concernant, c’est le fameux "droit à l’oubli". Mais qu’en est-il exactement un an après? Comment le géant Google traite-t-il les demandes? La start-up lyonnaise Reputation Vip a mené son enquête et nous livre quelques chiffres-clés en cette date anniversaire. 

500 demandes par jour

Le 29 mai 2014 soit quinze jours après la décision de justice, Google s'exécutait et créait son formulaire de droit à l'oubli. Un véritable succès puisque les trois premiers mois suivant sa mise en ligne, le site recevait 1.500 demandes par jour. Une fois l'effet de nouveauté passé, la moyenne passait à 500 demandes par jour soit environ 180.000 par an.

Alors qu'il fallait 56 jours pour voir apparaître une réponse dans sa boîte mail, il ne faut aujourd'hui que 16 jours au moteur de recherche pour accepter ou non votre demande et même parfois que 7 jours (c'était le cas en février de cette année). Ce délai de traitement, particulièrement court, est-il lié à l'augmentation du taux de refus?

Près de 30% de refus en plus

En effet depuis le mois de janvier 2015, Google rejette environ 70% des demandes de suppression de résultat de recherche contre 43% au mois de juin 2014. La raison? "Lorsqu’une URL concerne l’activité professionnelle de la personne, Google semble se montrer particulièrement réticent", note Reputation Vip. Ce qui est le cas puisque la majorité des refus sont liés à la vie professionnelle (26% des cas). 22% des refus sont justifiés par le fait que la personne est elle-même à l'origine du contenu.

Quant à la typologie des demandes, "l'atteinte à la vie privée", qui comprend notamment une adresse personnelle divulguée et une opinion religieuse ou politique affichée contre son gré, tient le haut du pavé avec 58,7% des cas, suivie de loin par "l'atteinte à la réputation" (11,2%).

Sur le podium des consommateurs du "droit à l'oubli", la France n'arrive qu'en quatrième position, derrière les Pays-Bas (3e), l'Allemagne (2nd) et l'Angleterre (1er).

M.G.