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Dordogne: une employée communale écrivait des lettres d'amour à un enfant de 9 ans

La justice a condamné la jeune femme à un rappel à la loi. Pour les parents de l'enfant, ce n'est pas suffisant.

La justice a condamné la jeune femme à un rappel à la loi. Pour les parents de l'enfant, ce n'est pas suffisant. - -

Pendant plusieurs mois, une employée communale a écrit à un petit garçon pour lui exprimer son amour et son désir de faire sa vie avec lui. Confondue, elle s'est vue notifier un simple rappel à la loi, ce qui scandalise les parents de l'enfant.

Un simple rappel à la loi, c'est la sanction dont a écopé une employée communale de 30 ans en début d'année, après avoir envoyé une vingtaine de lettres d'amour à un enfant de 9 ans. Une décision de justice qui a poussé les parents, choqués, à porter plainte une seconde fois au début du mois d'octobre. Mercredi, leur avocate, Me Nathalie Landon, a annoncé qu'une enquête judiciaire venait d'être ouverte.

Retour sur les faits. A la fin de l'année 2013, les parents d'un petit garçon découvrent dans sa chambre un paquet de lettres cachées, signées d'une employée de la cantine de l'école de leur fils. Vingt-trois courriers sur du papier à lettres fantaisie, noircis d'une écriture enfantine, et remplies de mots d'amour. La relation épistolaire à sens unique dure depuis plusieurs mois.

Dans ses lettres, sur lesquelles elle dessine des petits coeurs, la jeune femme alors âgée de 28 ans se confie sur les difficultés traversées avec son mari. Et va plus loin: elle s'épanche sur des baisers qu'elle aurait échangés avec le petit garçon, et lui écrit son "envie d'avoir un jour quatre enfants" avec lui, relate le quotidien.

"'Elle lui écrivait des mots à l'eau de rose, mais complètement inappropriés pour un enfant de 9 ans", explique à BFMTV.com l'avocate de la famille, Me Nathalie Landon. "Elle lui disait par exemple 'Je rêve de vivre avec toi', ou 'Nous allons partir tous les deux'".

"Elle a brisé l'enfance de mon fils"

Immédiatement, les parents portent plainte. L'enfant, tétanisé, ne confiera pas grand chose aux gendarmes qui l'auditionnent. "Il n'a pas fait état de baisers. Il a juste laissé entendre que le comportement de cette femme l'embêtait, et il a raconté comment elle cherchait à être systématiquement près de lui à l'école, pendant la cantine, la cour de récré", rapporte l'avocate à BFMTV.com.

La jeune femme est mise à pied. Une enquête judiciaire est ouverte, et la vice-procureur de Périgueux en charge de l'affaire ordonne alors une expertise psychiatrique. Celle-ci ne révélera "aucune altération de ses facultés mentales, ou dangerosité particulière pour autrui", indique Me Landon. L'expert psychiatrique préconise cependant "une injonction de soins indispensable dans le cadre d'un suivi judiciaire". Finalement, la magistrate décide de condamner la jeune femme à un simple rappel à la loi. L'enquête est close.

"Mais ça ne nous suffit pas", s'insurge la maman, rencontrée par Sud-Ouest, qui vit toujours dans la même ville que l'ex-employée communale. "Elle a brisé son enfance. En un an, on a vu le comportement de Matteo changer du tout au tout. Il est devenu exécrable, ingérable, très agressif." Lundi, la magistrate, jointe sans succès par BFMTV.com, a reçu les parents. Elle se serait dite prête à ouvrir une seconde enquête. Mais à la condition que l'enfant "soit de nouveau auditionné et apporte d'autres éléments", soupire Me Landon. Affaire à suivre.

(*) Prénom modifié.

Alexandra Gonzalez