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Disparition de Souad Merah: comment a-t-elle pu échapper à la surveillance policière?

Souad Merah, le 19 décembre 2012, à Toulouse.

Souad Merah, le 19 décembre 2012, à Toulouse. - -

La grande sœur de Mohamed Merah s'est volatilisée avec ses quatre enfants, et serait partie pour la Syrie. Certains spécialistes s'étonnent qu'elle ait pu franchir la frontière sans que les services de renseignement ne soient alertés.

Souad Merah a disparu. La soeur de Mohamed Merah s'est volatilisée de la région toulousaine avec ses quatre enfants, dont un nouveau-né. La jeune femme de 36 ans, très proche des milieux radicaux islamistes, a réussi à échapper à la surveillance policière dont elle faisait l'objet, et pourrait même avoir rejoint la Syrie, où se trouverait son époux. Comment est-ce possible?

"On savait qu'elle était très radicalisée, elle avait même été repérée par les policiers avant même les meurtres de son frère. Il est difficile de surveiller les gens 24 heures sur 24, mais normalement les passages à la frontière sont infranchissables, surtout depuis que la loi a été renforcée", s'étonne Jean-Marie Pontaut, journaliste d'investigation, interrogé par BFMTV.

"Une femme qui s'appelle Merah" ne passe pas les frontières

A deux reprises dans le collimateur de la justice -une première fois pour avoir fait l'apologie du terrorisme en se félicitant des actes de son frère, et une seconde fois parce que les enquêteurs la soupçonnaient d'avoir aidé Mohamed Merah dans ses actes- Souad Merah n'a cependant jamais été placée sous contrôle judiciaire, ce qui lui permet de quitter librement, en théorie, le territoire français.

Me Christophe Etelin, avocat d'une partie de la famille Merah, dont Souad, ne croit pas un seul instant à la fuite de sa cliente pour aller faire le jihad, à l'insu des services de renseignement intérieur. "Une femme qui s'appelle Merah, et qui passe les frontières avec ses enfants qui doivent être sur son passeport, l'administration française le sait", tempête-t-il auprès de RMC.

L'ancien chef de la DCRI Bernard Squarcini avait indiqué que Souad et Abdelkader Merah, toujours écroué dans le cadre de l'enquête sur les meurtres du "tueur au scooter", étaient perçus comme encore plus dangereux que leur petit frère par les services de renseignement intérieur. D'où l'inquiétude que suscite sa "disparition".

A. G. I vidéo: E. d'Harcourt