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Dijon: la justice annule la décision d'évincer un professeur musulman d'un collège

Une salle de classe dans un collège privé, au nord de Rennes, le 23 septembre 2011. (Photo d’illustration) - AFP

Une salle de classe dans un collège privé, au nord de Rennes, le 23 septembre 2011. (Photo d’illustration) - AFP - -

Le tribunal administratif de Dijon a finalement estimé que les éléments rapportés par le principal du collège étaient "insuffisants" pour que le rectorat écarte ce professeur de physique-chimie, sous prétexte que son comportement avait "créé un climat d'inquiétude au sein de l'équipe d'encadrement du collège".

Le principal s'inquiétait qu'il ne serre pas la main aux femmes, qu'il ait demandé une clé pour arriver tôt au collège ou des informations sur le système d'alarme: un professeur, écarté par le rectorat de Dijon en raison du "sentiment de malaise" qu'il suscitait, a obtenu en justice l'annulation de cette décision.

Le tribunal administratif de Dijon a annulé de cette sanction, a-t-on appris mardi de l'avocate de ce professeur aujourd'hui âgé de 26 ans, Me Sana Ben Hadj, qui confirme une information du quotidien régional Le Bien public.

Un professeur de physique-chimie

En novembre 2018, ce professeur contractuel de physique-chimie, qui effectuait alors un remplacement dans un établissement de Chablis dans l'Yonne, avait reçu un courrier du rectorat lui signifiant que son contrat ne serait plus renouvelé et qu'il ne serait plus recruté au sein de l'académie.

Le rapport du principal du collège, qui décrit par ailleurs un enseignant compétent, ne mentionne pas la confession musulmane du professeur, mais ce dernier, français d'origine maghrébine, a pu être visé en raison de "son nom et de son faciès", selon son avocate.

Son client a notamment expliqué au tribunal ne pas serrer la main de ses collègues, masculins ou féminins, car c'était l'usage dans cet établissement et justifié avoir demandé la clé et des informations sur l'alarme pour arriver plus tôt pour préparer des travaux pratiques.

"Un climat d'inquiétude"

Selon le tribunal administratif, le comportement du professeur a "créé un climat d'inquiétude au sein de l'équipe d'encadrement du collège, dans un contexte de vigilance et de prévention des risques, (...) ce qui pouvait justifier de ne pas renouveler son contrat".

Mais "les éléments rapportés par le principal du collège apparaissent insuffisants, dans les circonstances particulières en l'espèce et en l'absence de tout autre indice", ont poursuivi les magistrats dans cette décision datée du 31 octobre, à laquelle l'AFP a eu accès. Le rectorat de Dijon a indiqué mardi ne pas faire de commentaire sur cette affaire.

J.B avec AFP