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Deux surveillants agressés par un détenu condamné pour des faits de terrorisme à la prison du Havre

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Image d'illustration - AFP

INFO BFMTV - Ce jeudi au petit matin, deux surveillants pénitentiaires de la prison du Havre ont été agressés par un détenu condamné en 2017 pour participation et association de malfaiteurs en vue de commettre un acte terroriste. Le parquet du Havre est saisi.

Ce jeudi matin, à la prison du Havre, sur les coups de 7h, à l'ouverture de la porte de la cellule par un personnel, un détenu condamné à sept ans de prison pour participation et association de malfaiteurs en vue de commettre un acte terroriste en 2017, a agressé deux surveillants en utilisant un pied de la table de la cellule. Il a crié: "Allahou akbar", au moment de l'agression selon plusieurs témoins. Selon nos informations, l'agresseur a séjourné en Syrie jusqu'à son retour, et son incarcération, en juillet 2017. D'après la déclaration d'un syndicaliste pénitentiaire FO, il était suivi par les services de renseignement. Contrairement à une indication donnée précédemment, il n'avait en revanche jamais fait partie de la filière des Buttes-Chaumont, à laquelle appartenaient les frères Kouachi. Il avait été confondu avec un homonyme. 

Les deux agents aux urgences 

Les deux agents ont reçu les coups de barre de fer au niveau des bras et jambes. Selon le syndicat pénitentiaire UFAP UNSa Justice, le détenu les a également agressés au moyen d'une "arme artisanale". Le détenu a été immédiatement placé au quartier d’isolement. Les deux agents sont d'abord partis constater leurs blessures aux urgences, comme la procédure l'exige, avant de sortir de l'hôpital à la mi-journée. Ils sont à présent entendus par les policiers.

Dans son communiqué, l'UFAP met en cause l'attitude de la direction: "La réactivité de notre direction et de notre chef de détention qui sont arrivés bien après l'incident, montre toute la considération que cette administration nous porte". L'organisation égrène ensuite ses exigences: "Le transfert de cet énergumène dans la journée vers une structure adaptée. Le transfert de tous les détenus identifiés TIS (ndlr: pour "terrorisme islamiste") vers des structures adaptées à leur prise en charge. La mise en oeuvre totale du volet sécuritaire du relevé de conclusions signé par l'UFAP UNSa Justice dans notre établissement (passe-menottes, gilets pare-lames)." Le syndicat appelle par ailleurs les surveillants à se mobiliser en soutien à leurs collègues agressés.

La section antiterroriste saisie

La section antiterroriste du parquet de Paris s'est saisie des faits à la mi-journée. Elle signale qu'une enquête a été ouverte du chef de violences volontaires avec arme et sur personne dépositaire de l'autorité publique ayant entraîné une ITT inférieure à 8 jours. L'enquête a été confiée à la DIPJ de Rouen, la SDAT et la DGSI.

Sarah-Lou Cohen