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Des « accros à la voiture » en désintoxication

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Expérience novatrice à Nantes : un loueur de véhicules a confisqué les clés de voitures de quatre « accros » pour leur apprendre à faire sans.

Se « désintoxiquer » de la voiture : c'est ce que propose aux Nantais la société Loc Eco. Cette entreprise de location de véhicules a en effet mis en place un produit d'abonnement appelé Zenius qui s'adresse aux « accros à la voiture ». Jérôme Guienne, le directeur de Loc Eco, était sur RMC pour revenir sur les origines de l'opération : « L'historique de l'opération est le suivant : un de nos clients arrive au comptoir et nous dit « Moi c'est terminé, je n'ai plus de voiture, je l'ai vendue, je circule en transports en commun et à pieds en semaine, et pour le week-end et les vacances je viens vous voir pour louer des voitures ». On lui a créé un produit d'abonnement spécifique qui s'appelle Zenius » .

« On s'est dit que si ça valait pour une personne, ça devait forcément parler à d'autres. Donc on a décidé de monter une expérience, de sélectionner 4 Nantais accros à la voiture et de leur dire : on vous supprime votre voiture pendant 8 semaines, en contrepartie nous vous donnons tous les moyens disponibles à Nantes pour circuler autrement comme les transports en commun, une offre d'autopartage appelée Marguerite, le vélo en libre-service et la voiture le week-end quand ils ont besoin de faire un peu plus de kilomètres ».

« Ils nous font part de leurs commentaires, de ce qu'ils ont aimé, moins aimé. Tout ça pour dire qu'aujourd'hui, on peut vivre sans voiture, on a les moyens à Nantes d'éviter de faire l'acquisition d'une voiture. L'expérience c'est ça, et ça marche ».

Portrait des 4 "accros"

Edouard 30 ans, réalisateur, passionné de voiture

Edouard habite en centre-ville, à deux pas de son travail et de la nounou de sa fille. Au pied de son domicile, il dispose de la ligne de tramway n°1, d'une station Bicloo (vélos en libre-service) et d'une station d'autopartage. Et pourtant, par facilité, par habitude, il préfère prendre son véhicule. Casser ses habitudes, tester les modes de déplacement alternatifs en semaine, la location de voiture le week-end et faire des économies le tentent. S'il est convaincu par cette Zenius Expérience, il promet de vendre sa voiture et de ne pas en racheter.

Eric, 50 ans, journaliste et artiste peintre

Eric a la chance de pouvoir effectuer le trajet domicile-travail à pied ou en vélo. Petit rouleur, il étudie très sérieusement l'hypothèse de ne plus posséder de voiture. S'il se sépare de son vieux break, il utilisera en semaine les transports en commun au maximum, ou le vélo. Le soir ou pour ses rendez-vous professionnels dans l'agglomération, il utilisera le système Marguerite de voiture en libre-service. Et le week-end et les vacances, il opterait volontiers pour un véhicule de location. Côté budget, la solution multimodale lui semble plus économique que l'achat d'un nouveau véhicule. Mais ne plus posséder de voiture, reste un sacré frein psychologique !

Cécile, 30 ans, employée de banque

Comme de nombreux nantais, Cécile a le « réflexe voiture ». Pour se rendre au travail (15 minutes de trajet), pour aller faire quelques courses, pour partir en week-end environ une fois par mois, c'est automatique : elle prend sa voiture ! Le bus, elle l'utilise seulement quand sa voiture est en panne. Elle a conscience que la voiture n'est absolument pas indispensable pour elle aujourd'hui. Et que d'autres voies plus économiques et plus respectueuses de l'environnement doivent être explorées. Alors elle a décidé de réduire sa consommation automobile et de se lancer dans cette belle aventure !

Cyrille, 30 ans, sapeur pompier

Il a choisi d'habiter Sainte-Luce sur Loire parce que la commune est bien desservie par les transports en commun. Grand sportif, il se déplace au maximum en vélo. Son épouse, en transports en commun. Ils habitent dans le bourg. L'école et la nourrice sont accessibles à pied. Le foyer possède néanmoins deux voitures, bien utiles lorsqu'on a des horaires de travail de nuit et deux enfants en bas âge (3 ans et 8 mois). Cyrille est convaincu qu'en apportant quelques modifications simples à ses déplacements, il peut se séparer de la voiture familiale.

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La rédaction-Bourdin & Co