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De nombreuses questions au programme de l'audition de Jonathann Daval

Jonathann Daval va être auditionné pour la troisième fois depuis sa mise en examen.

Jonathann Daval va être auditionné pour la troisième fois depuis sa mise en examen. - AFP

Pour la première fois depuis qu'il a changé de version, Jonathann Daval est interrogé ce jeudi par le juge d'instruction de Besançon en charge du dossier. Une audition importante à une semaine d'une confrontation avec la famille d'Alexia Daval.

Il s'agit d'un rendez-vous judiciaire important, le premier depuis presque six mois. Jonathann Daval est interrogé ce jeudi matin par le juge d'instruction de Besançon en charge de l'enquête sur la mort d'Alexia Daval. Cette audition est la première depuis que l'informaticien de 34 ans, mis en examen pour "meurtre sur conjoint", a apporté une nouvelle version en juin dernier mettant en cause son beau-frère, Grégory Gay, et parlant d'un "complot familial".

"Le but c’est de savoir très clairement aujourd’hui, car il y a du temps qui est passé, où en est Jonathann Daval et où il en est vis-à-vis de ses déclarations", confirme son avocat Me Schwerdorffer.

Un "scénario" qui pose question

Après avoir reconnu au mois de janvier avoir étranglé "de manière accidentelle" son épouse Alexia, Jonathann Daval était revenu sur ses déclarations. "Il y a forcément des questions qui vont se poser", poursuit l'avocat. Car cette nouvelle audition, à une semaine d'une confrontation générale, qui pourrait être tendue, d'abord entre le suspect numéro 1 et son beau-frère, puis avec Isabelle et Jean-Pierre Fouillot, les parents d'Alexia Daval. Tous démentent catégoriquement les accusations portées à leur encontre.

L'audition, qui pourrait durer plusieurs heures, va porter sur le déroulé de la journée de la disparition de la jeune femme. Elle intervient dans un contexte particulier après des révélations de presse. Dimanche, l'émission Sept à huit exhumait un fichier retrouvé dans l'ordinateur de Jonathann Daval. Dans ce document de deux pages, écrit une dizaine de jours après la mort de la jeune femme de 29 ans, est consigné ce qu'il se serait passé le jour de la disparition d'Alexia Daval, le 28 octobre 2017. Du "lever tous les deux à 7 heures" à la tenue de la jeune femme pour aller courir, en passant au signalement à la gendarmerie "vers 11h45", ce fameux samedi est détaillé comme un scénario.

"Sur l’élément informatique, très intéressant, et à décharge pour Jonathann Daval, nous aussi on souhaite particulièrement qu’il exprime sur ce sujet, qui n’a rien de récent", précise Me Schwerdorffer, estimant que ce document a pu être "dicté" par un tiers.

Interrogé sur une éventuelle complicité

Un autre élément pourrait être au coeur de cette audition: la découverte d'un cheveu de la mère de Jonathann Daval dans le coffre de la voiture qui a pu servir à transporter le corps de la victime. L'avocat de Grégory Gay, le beau-frère de Jonathann Daval, a d'ailleurs demandé que de nouvelles investigations soient lancées à ce sujet. Pour les parties civiles, cette découverte pourrait relancer la thèse d'une complicité dans cette affaire, alors que le suspect, dans ses premiers aveux, avait toujours nié avoir brûlé le corps de son épouse, retrouvé en partie calciné. Martine Henry a catégoriquement nié toute complicité.

"Je pense que l’unique finalité, c’est de déstabiliser la défense de Jonathann Daval, de déstabiliser Jonathann Daval et d’exercer sur lui des pressions indirectes avant l’audition de jeudi", déplore Me Schwerdorffer.

Enfin, la question de la découverte, près du corps d'Alexia Daval, d'un bouchon qui coïncide parfaite, avec une bombe aérosol retrouvée, elle, au domicile du couple. Flacon, entamé, et sans capuchon. "Un bouchon standard", balaie l'avocat du suspect, qui regrette toutes ces révélations dans la presse. "C’est toujours une source d’angoisse parce qu’il sait très bien qu’il y a beaucoup de questions qui vont être posées. Ce n’est pas toujours évident d’être parfaitement concentré pour répondre le plus précisément possible aux questions du juge d’instruction", prévient Me Schwerdorffer.

Justine Chevalier et Mélanie Bertrand