BFMTV

Dans l'Oise, les chasseurs désormais auxiliaires des gendarmes

Photo d'illustration

Photo d'illustration - JEAN-FRANCOIS MONIER / AFP

200 chasseurs de l'Oise assureront à partir de fin janvier des missions de surveillance en complément de la gendarmerie.

"Il y a trois ans, à la suite de vols sur nos parcelles, nous avions mené notre propre enquête, installé des caméras. Cela a permis à la gendarmerie d'arrêter les auteurs, qui ont été condamnés", explique au Parisien Luc Vandenabeele, président de l'association de chasse d'Anserville. De là est née l'idée, mise en application dès fin janvier, de faire des chasseurs de l'Oise les auxiliaires de la gendarmerie.

Une brigade de 200 "chasseurs vigilants" assermentés par les autorités aura donc pour mission de surveiller les campagnes et de signaler à la maréchaussée tout fait anormal, via un canal de communication privilégié.

"Ce dispositif vise à conjuguer les efforts pour lutter contre toutes les formes d'insécurité et de délinquance en milieu rural et au sein des territoires de plaines et de massifs forestiers de l'Oise ou s'exercent les activités cynégétiques", précise le site de la préfecture.

Sélection

Le capitaine Éric Lecacheur, chargé de la prévention et du partenariat au groupement départemental de la gendarmerie de l'Oise, se veut rassurant: 

"Il n'y a aucune confusion des rôles. On ne leur demande pas d'être gendarmes. En aucun cas, il ne leur sera demandé d'intervenir, sauf si c'est pour porter secours à une personne. Ils devront observer les faits anormaux, sensibiliser les promeneurs et nous alerter en cas d'urgence."

En outre, les "chasseurs vigilants" font l'objet d'une sélection. "Nous faisons un premier tri, puis c'est la gendarmerie qui sélectionne les candidats", explique au Parisien la fédération des chasseurs de l'Oise, qui compte près de 18.000 membres. Un casier judiciaire vierge est notamment impératif pour intégrer cette brigade. Sur les 400 premiers volontaires, 110 ont été sélectionnés. L'objectif initial du dispositif est de compter un "vigilant" pour trois communes.

Milice

Plusieurs associations sont ulcérées par la création de ce que certains, dont la Ligue des droits de l'homme locale, n'hésitent pas à qualifier de "milice en tenue de camouflage".

La Fondation 30 millions d'amis dénonce pour sa part un "pouvoir exorbitant". Sur son site, elle estime qu'il "serait bon de rappeler aux gendarmes que face à ces 8.000 hommes armés dont le loisir est surtout d’abattre le gibier, il y a dans l’Oise des centaines de milliers de promeneurs amoureux de la nature tout aussi qualifiés pour la 'surveiller'."

Louis Nadau