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Crèche clandestine de Marseille : les effets pervers de la pénurie de crèches

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Ouverture lundi du procès de la responsable d'une crèche illégale à Marseille. Le procureur a requis 14 mois de prison avec sursis.

Même si la municipalité s’en défend, il y a bel et bien pénurie de places d’accueil des tout-petits à Marseille : c'est en tous cas ce qui explique le succès des crèches clandestines dans la cité phocéenne. Pas moins de deux d'entre elles ayant été fermées fin juin, début juillet.

C'est le procès de l'une d'entre elle qui s’est ouvert lundi devant le tribunal correctionnel de Marseille. Monique, 59 ans, gardait 15 à 25 enfants âgés de six mois à trois ans dans un appartement de 50 m2, avec cour intérieure de 30 m2, où avaient été installés huit lits et sept transats.

"Mise en danger d'autrui" abandonnée

Le procès-verbal de l'intervention en juin, lu à l'audience, faisait état de la vétusté et de la saleté de l'endroit, relevant plusieurs infractions à la sécurité et des défauts d'hygiène. Des charges de "mise en danger d'autrui" retenues à l'origine contre la nourrice ont cependant été abandonnées. Et de précédents rapports d'inspection de la PMI lui étaient favorables.

"Elle me rappelle le profil des escrocs qui font des abus de confiance", a déclaré le procureur au sujet de la nourrice, soulignant qu'elle se présentait comme quelqu'un rendant des services en gardant des enfants à domicile pour 2.000 à 2.500 euros par mois, alors qu'elle percevait plus de 6.000 euros de revenus mensuels, d'après l'examen de ses comptes bancaires entre 2009 et 2011.

Délibéré le 17 octobre

Une peine de 14 mois de prison avec sursis et 20.000 euros d'amende pour "travail dissumulé" ont été requis, et une contravention de 1.000 euros pour "non-respect des obligations de contrôle et de conformité pour les établissement recevant du public" a également été réclamée par le procureur. L'Urssaf, partie civile dans la procédure, a réclamé 30.000 euros de préjudice.

La décision a été mise en délibéré au 17 octobre à 8H30.

BFMTV avec AFP