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Crash de Charm el-Cheikh en 2004: la justice ordonne de reprendre les investigations

La cour d'appel a ordonné la reprise des investigations

La cour d'appel a ordonné la reprise des investigations - Image d'illustration - AFP

Le Boeing 737 s'était abîmé trois minutes après son décollage avec à son bord 148 personnes, dont 134 Français ayant trouvé la mort.

La cour d'appel de Paris a ordonné la poursuite des investigations dans l'enquête sur le crash d'un Boeing 737 au large de Charm el-Cheikh (Égypte) en 2004, deux ans après un non-lieu, afin d'entendre un dirigeant de la compagnie égyptienne.

Des familles des victimes avaient fait appel du non-lieu ordonné en juillet 2017 par un juge d'instruction de Bobigny, en région parisienne, à l'issue de l'enquête sur l'accident, le 3 janvier 2004, de cet avion de la compagnie à bas coût Flash Airlines, ayant fait 148 morts dont 134 Français.

Les manquements éventuels de la compagnie

Plus de treize ans après le crash, le juge avait estimé que l'enquête ne permettait "pas de retenir d'autre hypothèse que celle des fautes imputables à l'équipe de pilotage", morte dans l'accident.

Cette décision avait suscité la colère des parties civiles. Elles avaient dénoncé une instruction conclue sans mise en examen (inculpation) ni audition des dirigeants de la compagnie, aujourd'hui liquidée, "alors qu'il était établi qu'elle avait commis un certain nombre de manquements", avait expliqué à l'époque Jean-Pierre Bellecave, avocat de l'association des familles.

Le 24 septembre, la chambre de l'instruction de la cour d'appel leur a donné raison, jugeant "insuffisantes" les tentatives menées pour entendre le président égyptien du conseil d'administration de Flash Airlines, selon une source judiciaire.

Elle a donc renvoyé les 37 tomes de cette procédure pour "homicides involontaires" entre les mains, cette fois, d'un juge du pôle accidents collectifs du tribunal de Paris, pour qu'il recueille les explications de ce dirigeant et examine ses éventuelles responsabilités. En 2009, un rapport d'experts avait souligné l'insuffisance de la formation des pilotes et dénoncé les "manquements" de la compagnie.

Une instruction trop lente

"Je pensais qu'on allait perdre. On dit aux proches des victimes: 'vous avez perdu les vôtres, mais personne n'est responsable, personne n'est coupable. C'est insupportable'", a déclaré Claude Fouchard, président de l'association de défense des familles de victimes.

"C'est une deuxième victoire pour nous", a-t-il ajouté, après avoir obtenu au civil en janvier la condamnation de l'État pour la défaillance de la justice dans cette affaire : le tribunal de Paris a jugé que l'instruction avait été trop lente et a condamné l'État à verser 10.000 euros de dommages et intérêts à l'association, a-t-il expliqué.

"J'espère que cette fois, ça ne durera pas aussi longtemps. J'ai 84 ans, ça fait 15 ans et demi que je me bats", a conclu celui qui a perdu 11 membres de sa famille dans l'accident.

Le 3 janvier 2004, l'appareil de la compagnie égyptienne s'était abîmé trois minutes après son décollage de la station balnéaire, à destination de Paris.

Manon Fossat avec AFP