BFMTV

Côte d'Or: un instituteur accusé de viol sur une fillette clame son innocence

L'analyse du sperme retrouvé dans la culotte de l'enfant de 4 ans révèle que c'est celui d'un membre de la famille toujours en contact avec l'enfant. Le même qui a porté plainte contre Eric P., l'instituteur mis en examen.

Devant des journaux retraçant l'affaire du viol, Eric P. se remémore son parcours du combattant depuis le remplacement qu'il a effectué dans une classe d'une école de Genlis, en Côte d'Or. "J'ai juste été dans le cas de figure pire encore que ce que je pouvais imaginer. Sur une enfant de quatre ans, un bébé... j'ai un enfant de cet âge-là. De dire que c'est un enfant de cet âge-là, que c'est lui qui me désigne, qu'il a vraiment été agressé. Mais c'est le cauchemar absolu", résume Eric P..

En 2016, l'instituteur est mis en examen pour le viol d'une élève de maternelle de 4 ans, dont il avait la charge au moment des faits. Des accusations dont le maître remplaçant que nous avons rencontré se défend bec et ongles. Un faisceau d'indices, dont une analyse ADN déterminante révélant la présence du sperme qui n'est pas le sien mais celui d'un membre de la famille, semble aujourd'hui plaider pour l'innocence de l'instituteur de Côte d'Or.

Tache de sang

L'affaire commence au soir du 14 novembre 2016. Le père de la fillette alerte son épouse sur le fait qu'il a retrouvé une tache de sang dans la culotte de sa petite fille. Dans un premier temps, la mère ne s'en alerte pas plus que ça. Mais elle constate ensuite une irritation au niveau du sexe. Un médecin constate le viol de la fillette.

Interrogée par les gendarmes la jeune victime confirme avec ses mots d'enfant: "Le monsieur, il m'a gratté le kiki." Avant que, d'après l'avocat de l'instituteur et celui-ci, les termes "le monsieur" soient remplacés par "le maître". Eric P. est placé en garde à vue et mis en examen. Il effectuera quatre mois de prison, en préventive, avant d'être libéré à la faveur de nouveaux éléments dans l'enquête.

Le "membre de la famille" désigné par l'ADN pas inquiété

Le 23 mars 2017, des analyses ADN sont pratiquées. Elles révèlent que le sperme retrouvé dans la culotte de l'enfant appartient à un "membre de la famille, toujours proche de l'enfant, de façon quotidienne", affirme la défense d'Eric P. "C'est aussi ce membre de la famille qui a porté plainte contre l'instituteur."

Cette tache de sperme est mêlée au sang. Elle recouvre précisément la place du sexe de l'enfant. Pour sa défense, le proche mis en cause soutient que la culotte aurait été souillée lorsqu'elle se trouvait dans le panier de linge sale.

De son côté, Me Claude LLorente, conseil d'Eric P. s'étonne. "Toute personne qui a connaissance de cet élément (l'analyse ADN, NDLR) ne comprend comment: un, la personne à qui appartient ce sperme n'a pas été mise en cause très rapidement. Et deux, pourquoi mon client est toujours suspecté et mis en examen pour viol sur mineure?"

Demande d'annulation des charges

Nulle mention des résultats de l'analyse ADN n'est faite dans l'arrêt libératoire qui a permis à l'instituteur, en le plaçant sous un régime de contrôle judiciaire allégé, de retrouver sa famille.

"On est à plus de six mois, largement dépassés, depuis l'expertise ADN et aujourd'hui, je ne sais pas toujours pas où en est la justice", déplore Eric P., qui souhaiterait être placé sous le statut de témoin assisté.

Le juge attend une preuve supplémentaire pour mettre en examen la personne en question et prononcer un non-lieu concernant Eric P. Une demande a été déposée le 12 octobre pour que les charges soient abandonnées. Délibéré le 15 novembre, "anniversaire" des débuts de l'affaire.

David Namias avec Guillaume Bertrand et Joao Alencar