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Corrida: un père de famille nîmois porte plainte contre une exposition

La ville de Nîmes organise tous les ans des corridas à l'occasion de sa Feria de la Pentecôte, ici le 19 mai 2018

La ville de Nîmes organise tous les ans des corridas à l'occasion de sa Feria de la Pentecôte, ici le 19 mai 2018 - PASCAL GUYOT / AFP

L'exhibition, favorable à la corrida, mettait en scène des images de toreros encornés ou de taureaux blessés, dont la vue aurait fortement atteint son fils de douze ans. Il a déposé une plainte contre les organisateurs de l'exposition pour ne pas avoir averti le public du contenu sensible présenté.

Un père de famille a déposé plainte à Nîmes contre les organisateurs d'une exposition pro-corrida qu'il a visitée avec son fils mineur sans être averti qu'elle comportait des images violentes. Son avocate, Caroline Lanty, précise que ce quinquagénaire a porté plainte la semaine dernière auprès du procureur de Nîmes pour "la diffusion d'un message à caractère violent, susceptible d'être vu ou perçu par un mineur".

Cibles de la plainte: les organisateurs de l'exposition controversée "Tauromachies universelles", l'Union des villes taurines de France (UVTF) basée à Nîmes et l'Observatoire national des cultures taurines (ONCT) basé à Arles. La municipalité LR de la ville est aussi citée, en ce qu'elle a mis à disposition la Galerie Jules Salles pour la tenue de l'événement.

"Entrés par hasard", son fils est "marqué et choqué"

Interrogé par l'Agence France Presse (AFP), le père déclare qu'ils étaient "entrés par hasard" car la visite était proposée gratuitement. S'attendant à une "exposition culturelle", dans la ville qui est un haut-lieu historique de la tauromachie. Ils se sont alors retrouvés, "sans aucun avertissement" face à des "scènes violentes, des photos sanglantes", mettant en scène "notamment un torero encorné ou un taureau ensanglanté".

Son fils, âgé de 12 ans, aurait été "marqué et choqué" par cette expérience, la plainte relevant que les visuels et illustrations proposés "gratuitement et sans mise en garde préalable ou concomitante" pouvaient "sévèrement heurter la sensibilité des mineurs".

Lorsqu'elle avait été présentée à Béziers et à Bordeaux, la même exposition avait alors fait l'objet d'avertissement préalable au public quant à son contenu. Le père, qui précise qu'il n'avait "pas d'opinion préconçue sur la corrida" et dénonce un "but de prosélytisme", a alerté l'Alliance anticorrida, une association basée à Nîmes qui milite activement pour l'interdiction de cette pratique, et qui dénonce depuis plusieurs années cette exposition qu'elle juge "sanglante".

L.D., avec AFP