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Confinement: la délinquance en forte baisse, mais les violences familiales en augmentation

Les chiffres publiés le 19 avril se basent sur le nombre de dépôts de plainte.

Les chiffres publiés le 19 avril se basent sur le nombre de dépôts de plainte. - AFP

La crise sanitaire liée à l'épidémie de coronavirus a un impact sur la délinquance, pour laquelle de nombreux indicateurs sont en baisse depuis le début du confinement. Des chiffres à apprécier avec prudence, insistent les services du ministère de l'Intérieur.

C'est l'une des grandes inquiétudes de ce confinement et les chiffres publiés récemment par les services statistiques du ministère de l'Intérieur font craindre le pire. Depuis le début du confinement, le nombre des violences familiales a augmenté, selon la note Interstats. Après une chute du nombre de cas signalés après le 16 mars, en raison du confinement, le nombre de violences intrafamiliales a continué d'augmenter pour atteindre 2.300 au cours de la semaine du 13 au 19 avril. Soit 150 victimes de plus par rapport à la semaine précédente.

"Certaines formes de délinquance ne peuvent pas s’exercer dans le contexte de confinement, tandis que d’autres sont renforcées", rappelle le Service statistique ministériel de la sécurité intérieure (SSMSI). 

Hausse des signalements de violences familiales

Une semaine après le début du confinement, les signalements de violences conjugales avaient augmenté de 32% en zone gendarmerie, et de 36% dans la zone de la préfecture de police de Paris. Faisant craindre une recrudescence de ces agressions alors que les familles sont confinées chez elles. Le nombre de victimes de violences intra-familiales enregistré cette semaine dépasse d'ailleurs celui enregistré à la même époque en 2019. Parallèlement, les appels à la libération de la parole des victimes se sont multipliés. Des dispositifs d'alerte ont également été mis en place.

Le nombre de cas de violences sexuelles est en revanche largement inférieur à celui enregistré l'an dernier. Ce nombre "diminue légèrement au cours de la semaine du 13 au 19 avril, passant à 400 victimes", écrit le service statistiques du ministère, qui se base sur les dépôts de plainte des victimes devant les services de police ou de gendarmerie. "Le confinement a fortement influencé les conditions de dépôt de plainte, pour les victimes et les forces de sécurité", est-il indiqué dans la note. Ce chiffre est amené à évoluer.

Des infractions en baisse par rapport à 2019

Tous les autres indicateurs présentés sont largement inférieurs à ceux recensés l'an dernier à la même époque. Les personnes étant confinées chez elles, le nombre de cambriolages a atteint les 1.300 infractions quand en 2019, les services en avaient enregistré plus de 4.000. Les vols avec violence restent stables par rapport à la semaine dernière avec 500 infractions enregistrées. 1.700 infractions étaient comptabilisées il y a un an.

Les vols sans violence contre des personnes ont fait moins de 3.000 victimes cette dernière semaine de confinement. Un chiffre très en-dessous du nombre de victimes en 2019 sur la même période (près de 14.000). Idem pour les vols liés aux véhicules: 3.500 véhicules volés ont été enregistrés, contre près de 10.000 l'an dernier

Le service statistique du ministère de l'Intérieur appelle cependant à la prudence quant à l'interprétation de ces données, qui sont amenées à évoluer. La semaine dernière, Anne Hidalgo a d'ailleurs adressé une lettre à Beauvau pour réclamer des mesures contre la délinquance du quotidien. La maire de Paris estime que la surveillance du confinement ne doit pas se faire "au détriment de la sécurité du quotidien". Une missive visant trois problématiques dans la capitale: les cambriolages, la persistance des trafics de drogue et les attroupements générés par l'ouverture de commerces où l'alcool est en vente.

Justine Chevalier