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Clément Méric est mort

Violemment agressé par des militants d'extrême droite, Clément Méric, 18 ans, se trouvait toujours jeudi matin entre la vie et la mort.

Violemment agressé par des militants d'extrême droite, Clément Méric, 18 ans, se trouvait toujours jeudi matin entre la vie et la mort. - -

Clément Méric est décédé jeudi après-midi, alors qu'il était hospitalisé depuis mercredi soir en état de mort cérébrale. 7 suspects ont été interpellés, dont l'auteur présumé du coup mortel. Retrouvez ici toutes les informations de la journée autour de ce drame.

Clément Méric a perdu la vie jeudi après-midi, selon une source policière, alors que le jeune homme était hospitalisé depuis mercredi soir en état de mort cérébrale. Un peu plus tôt dans l'après-midi, Manuel Valls a annoncé l'interpellation de plusieurs suspects - sept au total - dont l'auteur présumé du coup qui a provoqué la mort du militant d'extrême gauche. Agé de 18 ans, étudiant à Sciences-Po Paris et originaire de Brest, le jeune homme a reçu un violent coup de poing, peut-être un poing américain. Sous la violence du choc, Clément a percuté un poteau, avant de s'effondrer en pleine rue dans le quartier parisien de la gare Saint-Lazare, sous les yeux de nombreux témoins. Après avoir été placée en position latérale de sécurité par un passant, la jeune victime a été transportée en toute urgence à l'hôpital de la Pitié-Salpêtrière. Selon Manuel Valls, le ministre de l'Intérieur, la bagarre a éclaté « très probablement pour des raisons d'ordre politique ».

Retrouvez ci-dessous toutes les informations de la journée.

19h30 - Venue dénoncer « la violence politique », la candidate UMP à la mairie de Paris, Nathalie Kosciusko-Morizet, est à son tour violemment prise à partie par des militants d'extrême gauche et doit quitter les lieux rapidement.

19h10 - La candidate PS à la mairie de Paris, Anne Hidalgo, tente une apparition sur la place mais se fait huer et rebrousse chemin, sous les cris « PS hors la manif, socialos trahison ».

19h - Quelques milliers de personnes sont présentes place Saint-Michel. Un camarade de Clément Méric, demande que les drapeaux des organisations présentes, majoritairement du Front de Gauche et du Parti de Gauche de Jean-Luc Mélenchon (invité ce vendredi de Jean-Jacques Bourdin à 8h35 sur RMC et BFMTV), soient baissés, en signe de deuil.

18h30 - Début du rassemblement place Saint-Michel, au coeur de Paris, organisé à l'initiative du Parti de Gauche. Le Parti socialiste a lancé un appel à se joindre à cette manifestation.

18h10 - Plusieurs centaines de personnes se sont rassemblées sur les lieux du drame pour un hommage à Clément Méric.
Des militants ont scandé « Clément, Clément, antifa » (pour antifasciste, NDLR) et « No pasaran » (Ils ne passeront pas, NDLR). Plusieurs bouquets de fleurs ont été déposés sur la chaussée à l'endroit où le jeune homme s'est effondré. Les manifestants se sont ensuite dirigés vers la place Saint-Michel, où doit se tenir un rassemblement à l'initiative du Parti de Gauche.

17h56 - Trois nouvelles personnes interpellées, portant à sept le nombre de suspects placés en garde à vue.
Les gardés à vue appartiennent à la mouvance de la droite la plus extrême, plusieurs étant proches du groupuscule des Jeunesses nationalistes révolutionnaires (JNR) et du mouvement affilié de la Troisième Voie, a-t-on ajouté. Dans la matinée, le leader des JNR, Serge Ayoub, alias « Batskin », avait réfuté toute implication de son groupe.

17h17 - Clément Méric est décédé, selon une source policière. Le jeune militant d'extrême gauche était hospitalisé depuis mercredi soir en état de mort cérébrale.

17h09 - Jean-François Copé demande la dissolution des groupuscules « d'extrême droite comme d'extrême gauche [dont la] seule expression est la violence »
« Ces groupuscules extrémistes - d'extrême gauche, comme d'extrême droite - sont un danger », assure le patron de l'UMP.

15h44 - La CFDT et la CGT appellent à manifester ce jeudi en fin d'après-midi à Paris, place Saint-Michel, pour exprimer leur indignation.

15h40 - La déléguée générale adjointe de l'UMP, Valérie Debord, et l'eurodéputée UMP, Rachida Dati, dénoncent une « tentative de récupération politique » par la gauchede l'agression dont a été victime Clément Méric. « Certains se croient autorisés, tels Harlem Désir, Jean Vincent Placé (EELV) ou d'autres élus socialistes à pointer du doigt l'UMP ou à faire un parallèle entre les agresseurs et les familles qui étaient pacifiquement dans la rue contre le projet de loi sur le mariage homosexuel », dénonce Valérie Debord.

15h35 - Jean-Marc Ayrault promet de « tailler en pièces » les groupes néonazis. « J'ai demandé au ministre de l'Intérieur, j'ai demandé à la Garde des sceaux d'étudier toutes les possibilités qui permettront de tailler en pièces, en quelque sorte, de façon démocratique, sur la base du droit, ces mouvements d'inspiration fasciste et néo-nazie et qui font tort à la République », déclare le Premier ministre.

15h30 - On apprend que l'auteur présumé du coup est âgé de 20 ans.

15h - Les députés observent « un temps de recueillement et d'indignation » à la reprise de séance de l'après-midi à la demande du président de l’Assemblée nationale Claude Bartolone (PS), qui affirme que l'Assemblée condamne « tout acte de haine et de violence ».

15h - Un témoin de la rencontre entre Clément Méric et ses agresseurs raconte sur BFMTV : « J’ai vu un petit jeune (Clément Méric, NDLR) provoquer un autre qui ressemblait à un skinhead et qui avait l’air de lui dire d’un geste de la main "tranquille, tranquille, on est là comme toi pour faire notre shopping (...). J’ai vu tout le monde sortir, et je pense que c’est à ce moment-là que l’autre petit jeune a été agressé ». Retrouvez l'intégralité du témoignage ici.

14h20 - Plusieurs suspects dont l'auteur présumé du coup porté à Clément Méric ont été interpellés, annonce Manuel Valls.
Une source policière précise que 4 personnes au total ont été interpellées. Manuel Valls salue le travail des enquêteurs de police judiciaire, de l'antigang (la BRI) et des renseignements.

13h33 - Anne Hidalgo, candidate PS à la mairie de Paris, quitte Lyon où elle se trouvait ce jeudi pour participer au rassemblement organisé à 18h30 place Saint-Michel à Paris.

13h19 - La Manif pour tous rejette tout amalgame avec l'agression de Clément. « La violence vient de deux groupuscules d'extrême gauche et d'extrême droite », réagit Frigide Barjot, ex-chef de file de la Manif pour tous. « Je trouve ça assez scandaleux qu'on mette en cause la Manif pour tous », explique de son côté Béatrice Bourges, fer de lance du Printemps français, estimant que les participants à la Manif pour tous « ont cherché dès le départ, à exprimer des opinions dans le respect de la paix ».

12h54 - Depuis Tokyo, où il vient d'arriver pour une visite d'Etat de trois jours, le président François Hollande souligne que « tous les éléments conduisent à penser que c'est un groupe de skinheads sans doute avec un motif politique » qui est l'auteur de l'agression.
« Ces violents personnages méritent la plus lourde des sanctions », déclare le chef de l'Etat, ajoutant que « ces groupes qui depuis trop longtemps créent le désordre doivent être réprimés ». Le président indique que les auteurs « sont activement recherchés, il y a des éléments qui nous permettent de penser qu'ils seront retrouvés ». « Si ce groupe était un groupe politique organisé, structuré, déclaré alors il y aurait des mesures à prendre », prévient-il.

12h29 - Une « telle violence n'a pas sa place dans la République », martèle Jean-Louis Borloo, président de l'UDI.

12h27 - « La violence sauvage qui a assassiné Clément Méric pas fortuite », réagit Jean-Luc Mélenchon. Sur son blog, le coprésident du Parti de gauche met en cause « une culture méthodiquement inculquée et entretenue par des groupes d'extrême droite ».
L'ancien candidat à la présidentielle dénonce « la campagne de dédiabolisation du parti des Le Pen auxquels ces groupes sont liés (...). La banalisation des Le Pen complaisamment entretenue en même temps que j'ai été continuellement diabolisé, a ouvert un espace de légitimité et d'encouragement à l'extrême droite dans toutes ses composantes ».

12h16 - Pour le député FN Gilbert Collard, « il y a un crime, c'est dramatique et inacceptable. Si les faits sont avérés, ces gens méritent d'aller en cour d'assises et d'être condamnés à la peine la plus sévère. Il y a des mouvements d'extrême droite et d'extrême gauche localisés par la police, qui sont extrêmement agressifs et qu'il faut absolument éradiquer ».

11h41 - Jean-Michel Baylet, président du Parti radical de gauche (PRG), met en garde contre la « dédiabolisation de l'extrême droite dont les fondements idéologiques sont antirépublicains et antidémocratiques et dont les méthodes restent fondées sur l'intimidation et la violence ».

11h33 - Europe Ecologie-Les Verts demande « la dissolution immédiate des groupes d'extrême droite impliqués dans ce meurtre », et « adresse ses condoléances aux proches de la victime ».
« Les démocrates ne se laisseront jamais intimider par ces pratiques barbares », prévient EELV.

11h24 - Serge Ayoub, le leader des Jeunesses nationalistes révolutionnaires (JNR), le groupe skin mis en cause par le Parti de gauche dans la bagarre qui a laissé un militant d'extrême gauche dans un état désespéré, dément toute implication de son groupe : « C'est absolument faux » se défend Serge Ayoub alias "Batskin", rejetant sur les militants d'extrême gauche la responsabilité de la bagarre survenue près de la gare Saint-Lazare à Paris.
Selon une source policière, les JNR sont un groupuscule formé d'une vingtaine de skins. Ses militants ont été repérés en marge des défilés contre le mariage homosexuel, selon la source.

11h18 - Un groupe d'extrême droite est « au coeur de cet assassinat », confirme Manuel Valls, qui s'est rendu jeudi matin sur les lieux du drame. Le ministre de l'Intérieur lance un appel à « ne pas céder à la violence ».
« Nous devons être prudents quant aux circonstances », prévient le ministre, évoquant « a priori une rencontre fortuite » entre la victime et ses agresseurs. A une question sur les liens des groupuscules d'extrême droite avec le Front national, Manuel Valls a répliqué : « Je ne suis pas là pour polémiquer sur le plan politique ». « Ce sont nos valeurs et le pacte républicain qui sont en cause, ajoute le ministre. Il n'y a pas de place pour les groupuscules d'extrême droite qui ont pour ennemi la République (...). Au-delà de l'indignation et de la condamnation, l'essentiel maintenant c'est l'arrestation du ou des auteurs de cette violence ».

11h11 - Le président François Hollande « condamne avec la plus grande fermeté l'agression » de Clément Méric, « dans une altercation avec un groupe de skinheads ».
Dans un communiqué, le chef de l'Etat a précisé avoir « donné les instructions les plus fermes pour que les auteurs de cet acte odieux puissent être interpellés dans les plus brefs délais ».

11h03 - Nathalie Kosciusko-Morizet, candidate UMP à la mairie de Paris, apprend « avec une très grande émotion l'agression mortelle d'un jeune militant » et la condamne « avec la plus grande fermeté » la très violente agression de Clément Méric, et appelle à « faire la lumière sur les considérations politiques » de cette agression.

10h45 - Manuel Valls, le ministre de l'Intérieur, est arrivé sur les lieux du drame, dans le quartier de la gare Saint-Lazare.

10h36 - Jean-François Copé, le président de l'UMP, « condamne » l'« agression barbare dont a été victime un jeune homme de 18 ans en plein Paris ». Dans un communiqué, le président de l'UMP ajoute que « toute la lumière devra être faite sur ce crime atroce dont les auteurs devront être poursuivis par la justice », avec « une pensée toute particulière pour la famille de la victime et ses proches ».

10h35 - Harlem Désir, premier secrétaire du PS, annonce que son parti appelle à participer au rassemblement prévu à 18h30 ce jeudi après-midi à Paris, place Saint-Michel, à l'initiative du Parti de Gauche.
Harlem Désir voit dans cette agression un « ignoble crime de haine, commis selon les premiers éléments de l'enquête par un groupuscule d'extrême droite ».

10h04 - Le Sénat « meurtri » dénonce unanimement « l'assassinat abominable » de Clément Méric.

8h46 - « Toute la République est en deuil », déclare Alain Vidalies. Selon le ministre des Relations avec le Parlement, les premiers éléments de l'enquête identifient « un groupe néonazi », dont Alain Vidalies juge la dissolution « légitime ».

8h38 - En direct sur RMC et sur BFMTV, le sénateur UMP Jean-Pierre Raffarin déplore une affaire « extrêmement triste, révoltante », souhaitant « que la justice fasse la clarté sur cette affaire et que les responsables soient sévèrement punis ».
« S'il doit y avoir une organisation qui est à l'origine de ce type d'attitude extrêmement criminelle, cette organisation doit être interdite », ajoute l'ancien Premier ministre.

7h55 - Marine Le Pen assure que le Front national « n'a aucun rapport, ni de près ni de loin [avec] ces actes inadmissibles et insupportables ».
« Je m'associe à la peine de ceux qui ont milité avec lui car, même si nous ne partageons pas les mêmes idées, je trouve que c'est épouvantable », ajoute la présidente du FN. Marine Le Pen se dit persuadée que les agresseurs seront « rapidement arrêtes [car] ces groupuscules sont ultra-surveillés par la police et les renseignements, leur structuration est très bien connue (...). Je pense que la justice va pouvoir très rapidement faire son travail, ce qu'évidemment chacun souhaite ». Mais, prévient-elle, « si certains se servent de cela pour tenter de salir le mouvement que je préside, alors eux aussi devront en répondre (...). Je n'entends pas être mise en accusation par vous alors que vous n'avez aucune preuve de quoi que ce soit ».

Deux rendez-vous vendredi matin sur RMC :|||

- à 7h10 : Manuel Valls, le ministre de l'Intérieur sera en direct sur RMC avec Jean-Jacques Bourdin
- à 8h35 : Jean-Luc Mélenchon, coprésident du Parti de Gauche, sera l'invité de Jean-Jacques Bourdin en direct sur RMC et sur BFMTV.

Alexandre Le Mer, avec agences