BFMTV

Circulation limitée à Paris: 50 conducteurs de vieilles voitures déposent un recours

L'association 40 Millions d'automobilistes va déposer ce lundi une cinquantaine de recours contre la mairie de Paris et plus de 600 sont à suivre. En cause, l'interdiction faite aux voitures d'avant 1997 de circuler intra-muros en journée.

Discrimination ou mesure écologique d'intérêt général? L'une n'exclut pas l'autre, mais pour les propriétaires de voiture antérieures au 1er janvier 1997 et de motos immatriculées avant 1999, la gêne est réelle. Depuis le 1er juillet ils ne peuvent légalement plus circuler entre 8 et 20 heures à Paris intra-muros. Cinquante premiers propriétaires de voitures anciennes vont exercer un recours lundi matin, indique Le Parisien dans son édition de lundi. Quelque 620 autres actions devant la justice administrative sont prévus, également par vagues de cinquante par mois.

Une mesure liberticide et discriminatoire?

Deux motifs fondent les plaintes contre l'arrêté parisien. Le premier touche à une de nos libertés fondamentales: celle d'aller et venir. Le second moyen est celui d'une "décote des véhicules", explique au Parisien Me Jean-Baptiste Iosca, avocat de l'association.

La crainte est qu'une bonne part des Parisiens et banlieusards décident de revendre leur véhicule faute de pouvoir l'utiliser comme ils le voudraient. Si l'offre de voitures anciennes venait à grimper en flèche, le prix de vente baisserait significativement. Une expertise du cabinet BCA estime cette baisse à 1.250 euros en moyenne.

Concernés également par la mesure si leur motocyclette est antérieure au 1er juin 1999, les Motards en colère de Paris et de la Petite couronne ont rejoint la fronde contre l'arrêté parisien. L'association devrait saisir la justice dans la semaine.

Les plus modestes seraient les plus touchés

Pour le délégué général de 40 Millions d'automobilistes, Pierre Chasseray, les conducteurs les plus modestes seront touchés par cette mesure. Le responsable associatif dénonce une "dictature" et appelle d'autres propriétaires à se faire connaître sur le site Remboursemabagnole.com.

La mairie de Paris répond par l'argument écologique et l'enjeu de santé publique. A l'appui de ses dires, elle rappelle que selon Airparif, association qui mesure la qualité de l'air sur la capitale, les 2% de véhicules concernés par les restrictions horaires feront baisser de manière significative les émissions de trois principaux polluants. Ainsi, une baisse de 5% des émissions d’oxydes d’azote (NOx), de 3% pour les particules fines PM10 (inférieures à 10 µm) et de 4% des particules fines PM2,5 (inférieures à 2,5 µm).

La décision du juge administratif est très attendue, au moment où d'autres villes de France, telles Bordeaux, Grenoble, Strasbourg, ont déjà informé de leur volonté d'adopter une même mesure de restriction de circulation. 

D. N.