BFMTV

CHRU de Lille: une aide-soignante mise en examen pour tentative d'assassinat

La direction du CHRU de Lille a mené une enquête en interne.

La direction du CHRU de Lille a mené une enquête en interne. - Philippe Huguen - AFP

Une aide-soignante exerçant au centre hospitalier de Lille est soupçonnée d'avoir volontairement mis en danger la vie de ses patients. La femme de 45 ans était, semble-t-il en conflit avec sa direction.

Perfusion débranchée, mauvais produit injecté... Les faits reprochés à une aide-soignante du Centre hospitalier régional universitaire sont graves. la femme de 45 ans a été mise en examen vendredi pour "tentative d'assassinat" et "tentative d'empoisonnement", comme le révèle La Voix du Nord.

Les faits auraient été commis à la fin de l'année 2014 sur 4 ou 5 patients. Une enquête interne avait été ouverte après "des dysfonctionnements" à plusieurs reprises qui ont alerté la direction de l'hôpital. Celle-ci a révélé des "comportements volontaires", explique au quotidien régional Marie-Charlotte Dalle, la directrice juridique du CHRU.

Aucune incidence sur la santé des patients

Après une plainte de l'établissement déposée en février dernier, les enquêteurs de la police judiciaire de Lille ont mis à jour plusieurs faits qui se sont déroulés dans le service endocrinologie où travaillait l'aide-soignante: une perfusion dévissée, une tubulure - le tube reliant la perfusion - enlevée ou encore l'injection d'un mauvais produit.

Se voulant rassurante, la direction de l'hôpital de Lille a tenu à préciser que ces actes n'avaient eu aucune incidence sur la santé des malades, principalement des personnes âgées qui ne se seraient "aperçus de rien", explique la directrice juridique, saluant la "réactivité" du personnel hospitalier. Toutefois, "cela aurait pu entraîner des effets graves, voire fatals", juge un proche de l'enquête.

Ambiance délétère dans son service

Placée en garde à vue, l'aide-soignante, qui exerce depuis 23 ans, a été laissée libre et placée sous contrôle judiciaire après la signification de sa mise en examen. Cette dernière insiste: ses actes n'avaient rien de volontaire. "Mon métier, c'est toute ma vie", confie-t-elle au quotidien.

Une ambiance délétère au sein du service d'endocrinologie pourrait être à l'origine de cette affaire. L'aide-soignante semble-t-il était en conflit avec sa direction et ses collègues. Elle reconnait également des problèmes de santé liés à "une opération du dos". "J'ai demandé de l'aide, on ne m'a pas entendue", déplore l'aide-soignante.

J.C.