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Chinois tué par un policier à Paris: l'enquête confiée à un juge d'instruction

Rassemblement organisé le 2 avril 2017 en hommage à Shaoyo Liu, un Chinois tué à Paris.

Rassemblement organisé le 2 avril 2017 en hommage à Shaoyo Liu, un Chinois tué à Paris. - BFM

Après la mort d'un ressortissant chinois, tué par un policier dans des conditions controversées, un juge d'instruction est chargé de l'enquête.

L'enquête s'accélère. Un juge d'instruction est désormais chargé du dossier concernant la mort de Shaoyao Liu, père de famille chinois tué par un tir policier le 26 mars à Paris, a appris l'AFP de source judiciaire.

L'information judiciaire a été ouverte ce mercredi contre X pour "violences volontaires ayant entraîné la mort sans intention de la donner, par une personne dépositaire de l'autorité publique", a précisé cette source.

Shaoyao Liu, 56 ans, a été tué à son domicile par le tir d'un policier alors que, selon la police, il agressait avec des ciseaux un autre agent. Une version des faits contestée par la famille. Immédiatement après la mort de cet homme, la communauté chinoise s'est rassemblée pour manifester et exiger "justice et vérité".

Des versions divergentes

Selon une source proche de l'enquête, "un voisin a appelé la police pour signaler la présence d'un homme se déplaçant dans les parties communes avec un couteau à la main". Le 26 mars, les hommes de la BAC sont donc intervenus au domicile du suspect, dans le 19e arrondissement de Paris. Lorsque celui-ci a ouvert la porte, il se serait jeté sur l'un des fonctionnaires, armé d'une paire de ciseaux. D'après une source policière, Shaoyao Liu aurait "planté les ciseaux dans le thorax du policier". Le second policier présent sur les lieux a répliqué et tiré, blessant mortellement le père de famille. 

Mais selon la famille de la victime, le ressortissant chinois n'aurait blessé personne. Il était "en train de tailler des poissons avec des ciseaux", en présence de ses enfants, âgés de 15 à 21 ans.

"Les conditions d'une bavure policière sont réunies. Comment les policiers de la Bac appelés pour une nuisance sonore entrent violemment dans le domicile d'un individu, tirent à bout portant sur cet individu avec un fusil à pompe sans sommation?", s'interrogeait l'avocat de la famille auprès de BFMTV.

La famille et ses avocats reçus par le parquet de Paris

D'après les analyses toxicologiques, Shaoyao Liu n'était pas sous l'emprise de stupéfiants ou de médicaments au moment des faits. Il avait un taux d'alcool de 0,71 gramme par litre de sang. 

Les trois policiers de la BAC qui sont intervenus dans son appartement ont été entendus à deux reprises par l'IGPN, la "police des polices". La famille et ses avocats ont été, de leur côté, reçus par le parquet de Paris.

La colère de Pékin

Lors d'un point de presse, la porte-parole du ministère chinois des Affaires étrangères, Hua Chunying, a indiqué, le 28 mars, que Pékin avait officiellement protesté auprès des autorités françaises et "exigé" que Paris fasse "toute la lumière sur cette affaire". Elle a demandé aux autorités française qu'elles "prennent des mesures efficaces afin de protéger la sécurité des droits et les intérêts légitimes des citoyens".

Le Quai d'Orsay avait répondu favorablement dans la foulée: 

"La sécurité de tous les ressortissants chinois en France est une priorité des autorités françaises. Des mesures renforcées ont été adoptées ces derniers mois et toutes les dispositions sont prises pour leur réserver les meilleures conditions d'accueil et de sécurité", avait affirmé le porte-parole du Quai d'Orsay, Romain Nadal, lors d'un point de presse électronique. 

A.Mi avec AFP