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Chalon-sur-Saône: un religieux de Saint-Jean jugé pour pédophilie

C'est dans ce tribunal à Chalon-sur-Saône que l'homme va être jugé durant une semaine.

C'est dans ce tribunal à Chalon-sur-Saône que l'homme va être jugé durant une semaine. - Street View

L'homme de 66 ans, ancien diacre de la communauté de Saint-Jean, est soupçonné d'avoir abusé et violé six filles mineures et une femme majeure, entre 1990 et 2007.

La congrégation de Saint-Jean éclaboussée par un nouveau scandale judiciaire. L'un de ses anciens membres, Jean-Dominique Lefèvre, 66 ans, comparaît à partir de ce jeudi devant la cour d'assises de Saône-et-Loire pour des agressions sexuelles sur mineures, et un viol sur une majeure. Les faits reprochés sont anciens pour certains: ils se seraient déroulés entre 1990 et 2007, en France et en Roumanie. Sept plaintes ont été déposées au total.

"Nous ressentons une profonde honte et tristesse qu'un membre de notre communauté ait pu commettre des abus sexuels", peut-on lire sur le site de la congrégation Saint-Jean, qui "demande pardon aux victimes et à leurs familles". "Nous regrettons profondément l'insuffisance des réactions et des décisions de la communauté à l'époque des faits". Et d'admettre: "Depuis plusieurs années, nous avons travaillé sur la prévention de la pédophilie, sujet sur lequel nous n'étions pas assez sensibilisés ni formés."

Avocate d'une des victimes, Me Nadine Thurel a précisé que les attouchements sexuels sur sa cliente étaient contestés par l'accusé, qui évoque simplement un "geste d'affection". Les autres avocats n'ont pas souhaité s'exprimer ou n'ont pu être joints avant l'audience.

"Les petits gris" sous surveillance

Créée en 1975 par le père Marie-Dominique Philippe, la communauté de Saint-Jean, dont les quelques 550 frères dans le monde sont surnommés "les petits gris" en raison de leur habit, s'est installée dès 1982 dans le prieuré de Rimont à Fley, en Saône-et-Loire. Elle a rapidement rencontré un succès très important auprès des jeunes religieux. Mais elle a aussi vite été l'objet de critiques: le père Philippe s'est vu reprocher de recruter sans discernement, de créer un lien trop affectif envers sa personne et d'être trop traditionaliste.

En 2000, le cardinal Lustiger retirait à la communauté la direction de l'aumônerie du collège Stanislas, à Paris, après avoir adressé un avertissement à la communauté sur certaines pressions exercées en interne. La communauté, plusieurs fois mise en cause pour ses dérives sectaires, avait ensuite été placée sous surveillance en 2003 par le pape Jean Paul II.

"Des gestes contraires à la chasteté"

En 2012, un religieux mexicain membre de Saint-Jean a été condamné à deux reprises, pour agressions sexuelles sur un garçon de 12 ans, et pour l'agression d'un lycéen de 17 ans. Et en mai 2013, dans un entretien au journal La Croix en forme de mea culpa, le prieur général frère Thomas Joachim avait reconnu que le fondateur de la congrégation lui-même, le charismatique père Philippe, avait eu "des gestes contraires à la chasteté" envers des femmes qu'il accompagnait spirituellement.

Pour le frère Jean-Dominique Lefèvre, le verdict est attendu le 29 mai.

Alexandra Gonzalez avec AFP