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Ceintures de TATP: comment fonctionnent les dispositifs explosifs

Une ceinture d'explosifs (illustration)

Une ceinture d'explosifs (illustration) - Twitter David Thomson - BFMTV

Ce qui pourrait être une nouvelle ceinture d'explosifs destinée aux attentats de Paris a été retrouvée lundi, dans une poubelle. Elle semble avoir la même configuration que les dispositifs utilisés par les jihadistes à proximité du Stade de France.

Une ceinture pouvant "s'apparenter à une ceinture d'explosifs", avec une "configuration" semblable à celle utilisée par les jihadistes des attentats de Paris a été retrouvée lundi en fin d'après-midi dans une poubelle à Montrouge, dix jours après les attentats qui ont fait 130 morts dans la capitale.

Une source policière a précisé qu'elle ne "disposait pas de système de mise à feu". En cours d'analyse "pour confirmer qu'il s'agit bien d'explosifs", cette ceinture serait composée de TATP et de boulons. Il pourrait s’agir de la ceinture de Salah Abdeslam qui avait été localisé à proximité de Montrouge, à Châtillon, le 13 novembre au soir, après les attentats.

Ce Français de 26 ans, résidant en Belgique, pourrait être l'unique auteur direct des attaques de Paris encore vivant. Activement recherché pour avoir au moins joué un rôle de logisticien dans les tueries, il était "peut-être prêt à se faire sauter", selon l'avocate d'un des deux hommes qui ont reconnu l'avoir exfiltré vers la Belgique le 14 novembre.

Une fabrication complexe

Découverte par des éboueurs, la ceinture ressemble aux gilets utilisés par les jihadistes qui se sont fait exploser le 13 novembre, selon une autre source policière. Un composant essentiel est présent dans les différentes ceintures d'explosifs retrouvées après les attentats de Paris: le TATP ou peroxyde d'acétone. Il s'agit d'une matière explosive très puissante. Prisé des terroristes, le TATP avait déjà été utilisé lors des attentats de Londres en 2005 qui avaient fait 56 morts.

Après les analyses des attaques autour du Stade de France, le procureur de Paris François Molins avait décrit "une ceinture à explosifs composée de TATP, de piles et d'un détonateur sous forme d'un bouton-poussoir, ainsi que de boulons pour contribuer à aggraver encore le mécanisme et le souffle de l'explosion".

Les ingrédients qui permettent de produire du TATP s'obtiennent facilement dans le commerce: acide sulfurique, présent dans les produits pour déboucher les canalisations, eau oxygénée (peroxyde d'hydrogène), acétone. Mais sa fabrication est complexe. Ceux qui s'en chargent sont des spécialistes en explosifs, formés le plus souvent sur des théâtres de guerre. 

Un déclenchement involontaire?

Le TATP est un explosif "primaire, très volatil", avait expliqué le procureur de Paris au lendemain des attentats.

"Ça ne se fait pas en deux jours. Il faut des semaines de formation, et il faut travailler sous les ordres d'un 'maître'. C'est un travail minutieux, il faut un gars qui sache ce que c'est qu'un explosif, un détonateur, comment relier les éléments entre eux sans que ça vous pète au visage", explique à l'AFP un ancien chef d'un service français de renseignement.

Le composant chimique et le mécanisme sont ensuite dissimulés sous des bandes de tissus et de velcros. 

Les enquêteurs restent intrigués par le timing des explosions du 13 novembre et n'excluent pas l'hypothèse d'un déclenchement involontaire. Portés de longues heures par les terroristes, ces dispositifs ultra-sensibles peuvent en effet exploser sans avoir été activés.

A. D.