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Cédric Jubillar mis en examen: son avocat pointe "une incohérence totale" sur le plan juridique

Maître Jean-Baptiste Alary, avocat de Cédric Jubillar, a réagi à la mise en examen pour homicide volontaire par conjoint de son client.

Pour lui, les contradictions viennent de l'accusation. L'avocat de Cédric Jubillar, mis en examen pour homicide volontaire par conjoint dans le cadre de la disparition de son épouse, est revenu sur l'évolution de l'enquête et sur la conférence de presse du procureur de la République. Selon lui, il y a un "très grand nombre d'incohérences dans le dossier:

"On nous a d'abord expliqué que la version des enquêteurs était celle d'une dispute qui a mal terminé et aujourd'hui il est mis en examen pour meurtre aggravé. Si là juridiquement il n'y a pas une incohérence totale..." a réagi Me Jean-Baptiste Alary au micro de BFMTV.

Le témoignage du fils "à prendre avec beaucoup de modération"

L'avocat a par ailleurs expliqué qu'il craignait qu'à la lecture de l'ensemble des pièces du dossier, il soit heurté par un "très grand nombre" d'autres incohérences: "il y a une manipulation de certains arguments et un manque de preuves réelles".

"Il est erroné de faire état de disputes fréquentes et violentes", a ajouté l'avocat sur notre antenne en appelant les autorités à "retrouver Delphine vivante, ou son corps" plutôt que d'"essayer de chercher la psychologie d'un mis en cause".

Enfin Me Jean-Baptiste Alary estime que le témoignage du fils du couple, évoquant une dispute le soir de la disparition de Delphine Jubillar, est "à prendre avec beaucoup de modération".

"Ce n'est que lorsqu'il sera auditionné quelques mois plus tard qu'il évoquera l'existence d'une dispute au cours de laquelle il aurait entendu ses parents dire 'on va se séparer'. Mais de là à pouvoir arriver à dater cette dispute-là au soir de la disparition, je crois que ce serait accorder beaucoup trop d'importance au pouvoir chronologique d'un enfant six ans", a conclu l'avocat.

Dominique Alzeari, le procureur de la République de Toulouse, a pour sa part fait savoir ce vendredi que depuis six mois, Cédric Jubillar avait eu des "explications évolutives pour ne pas dire contradictoires", voire "des mensonges" concernant la disparition de sa femme.

Pression psychologique

Interrogé également par l'AFP, Me Jean-Baptiste Alary a estimé que les indices sont "assez pauvres" dans cette affaire et a pointé du doigt "la manière dont la garde à vue s'est déroulée:

"C'était un moyen de pression psychologique pour le faire craquer, ça n'a pas fonctionné, car peut-être, tout simplement, ses dénégations sont réelles, c'est une possibilité à laquelle les magistrats ont été insensibles, comme les enquêteurs". estime le magistrat.

Me Jean-Baptiste Alary a annoncé son intention de constituer un groupe d'avocats pour travailler à la défense de Cédric Jubillar.

Louis Augry avec AFP