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Police-Justice

Ce que l'on sait du médecin mis en examen pour le meurtre de deux patients au Mans

Le médecin est soupçonné d'avoir causé la mort de deux de ses patients en soins palliatifs, en leur administrant des doses létales de produits anesthésiques.

Un médecin de 40 ans a été mis en examen et placé en garde à vue jeudi pour meurtres au Mans. Radié de l'ordre, il est soupçonné d'avoir mis fin aux jours de deux patients en soins palliatifs en 2020, à l'aide de produits anesthésiques, d'après un communiqué du parquet jeudi soir. Il a été interpellé mardi près de Rouen, où il réside actuellement.

Ce sont les collègues du médecin qui ont donné l'alerte sur ses pratiques douteuses alors qu'il travaillait dans l'unité de soins palliatifs à la clinique Pôle Santé Sud du Mans. Il est suspecté d'avoir administré des doses létales de produits anesthésiques à au moins deux de ses patients entre février et octobre 2020, sans avoir auparavant consulté leurs proches ni l'équipe médicale, comme l'exige la procédure.

Le parquet du Mans a ensuite ouvert une information judiciaire sur la base d'un signalement de l'Ordre des médecins de la Sarthe, qui estimait avoir affaire à un problème éthique. Selon lui, le suspect n'aurait pas respecté les principes édictés par la loi Leonetti, qui encadre la fin de vie.

"On s'est bien rendu compte qu'il y avait des malversations multiples dans la façon de gérer les médicaments, de les administrer, dans la façon de travailler (...)", témoigne Franck-Dominique Bruel sur BFMTV.

Un médecin pro-euthanasie?

Alertée rapidement, la direction du Pôle Santé Sud avait pris les devants en licenciant le médecin dès le mois d'octobre 2020, une décision qu'il n'avait pas cherché à contester.

Des questions restent en suspens, notamment celle de savoir s'il aurait pu agir en tant que partisan de l'euthanasie, si les faits sont avérés. Présumé innocent, il n'a pas reconnu les faits durant sa garde à vue, selon une source proche du dossier, et aucune plainte n'a encore été déposée.

Depuis le signalement en octobre dernier, il n'exerce plus. Les enquêteurs de la direction territoriale de la police judiciaire d'Angers poursuivent leurs investigations pour déterminer si d'autres morts douteuses peuvent être imputées au suspect dans les autres établissements qu'il a fréquentés avant et après son passage au Mans. La décision d'envoyer vingt-trois patients en soins palliatifs en dehors de tout cadre réglementaire est actuellement examinée par la justice.

Également suspecté d'abus de confiance, le médecin a aussi été placé sous le statut de témoin assisté. D'après Ouest-France, ce chef serait lié aux conditions de possession d'une malette remplie de médicaments dans son bureau.

Par E.F.