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Catastrophe de Brétigny: où en sont les enquêtes?

L'accident de Brétigny a fait six morts début juillet.

L'accident de Brétigny a fait six morts début juillet. - -

Le procureur de la République d'Evry, Eric Lallement tient mercredi une conférence de presse relative à l'ouverture d'une information judiciaire à la suite de la catastrophe ferroviaire de Brétigny-sur-Orge, le 12 juillet. Le point sur l'enquête.

Que s'est-il passé le 12 juillet dernier à Brétigny-sur-Orge? Pour tenter de découvrir ce qui a causé le déraillement du train Paris-Limoges et provoqué la mort de six personne, une information judiciaire va être ouverte. Le procureur de la République d'Evry, Eric Lallement tient mercredi une conférence de presse pour l'annoncer. Cette information judiciaire sera confiée à des juges d'instruction, dans un climat un peu houleux.

La SNCF annonce ce mercredi matin en conférence de presse que "l'accident a une origine technique. Aucun élément n'accrédite la défaillance humaine."

BFMTV.com fait le point sur l'affaire.

> L'enquête

Trois enquêtes ont été lancées pour déterminer l'origine de l'accident de Brétigny-sur-Orge: l'une judiciaire sous l'autorité du parquet d'Évry et deux autres, techniques, menées par la SNCF et le Bureau enquête sur les accidents de transport terrestre (BEA-TT).

Une enquête en flagrance des chefs d'homicide et blessures involontaires a été ouverte immédiatement après le drame par le parquet d'Évry. Elle a été confiée à la direction centrale de la police judiciaire (PJ) et la direction régionale de la PJ de Versailles.

Mais selon Le Figaro, Me Georges Holleaux, l'avocat de la Fenvac (fédération nationale des victimes d'attentats et d'accidents collectifs), accusant le parquet d'Evry d'"amateurisme", critique ces expertises, et la lenteur de l'ouverture d'une information judiciaire. Il met ainsi en cause la partialité des autres enquêtes, confiées à des experts de la SNCF. "Si la justice avait voulu ne surtout pas mettre son nez dans le dossier de Brétigny, elle ne s'y serait pas prise autrement", indiquait-il dans le quotidien le 20 juillet dernier.

L'ouverture d'une enquête judiciaire va permettre de repartir sur de nouvelles bases. Cela donnera aussi la possibilité aux victimes d'accéder au dossier.

> Les zones d'ombre

Le travail des enquêteurs est compliqué par la présence sur les lieux de très nombreuses personnes. Selon un expert interrogé par Libération, qui titre mercredi sur le "second départ de l'enquête", les pièces à conviction ont été "déplacées et tripotées avant que l'on puisse geler la scène de catastrophe" que les secours ont beaucoup piétinée.

Le 19 juillet, déjà, un enquêteur de la SNCF interrogé par Europe1.fr émettait des doutes sur les boulons ramassés sur les lieux, indiquant qu'ils pouvaient ne pas être ceux de l'éclisse défaillante, responsable du déraillement. Une information réfutée dans Le Parisien du 24 juillet par un spécialiste chargé de l'enquête.

Selon la thèse avancée par la SNCF, cette pièce d'acier de dix kilo reliant deux rails s'est détachée et est venue "se loger au centre de l'aiguillage et, à cet endroit, elle a empêché le passage normal des roues du train et aurait provoqué le déraillement", a précisé Pierre Izard, directeur général des infrastructures de la compagnie ferroviaire.

Seule certitude, cette pièce, aujourd'hui saisie, a été retrouvée endommagée, rattachée aux rails avec un seul des quatre boulons qui normalement lui permettent d'être correctement fixée.

> La piste du sabotage

Le 12 juillet, le jour même de la catastrophe de Brétigny-sur-Orge, une locomotive a partiellement déraillé sur un site du groupe nucléaire Areva en Haute-Vienne. Un acte de sabotage est à l'origine de ce déraillement, qui n'a pas fait de victimes. Le déraillement a été revendiqué par courriel le 13 juillet auprès du Populaire du Centre par "un militant antinucléaire", selon ce journal. La même pièce que pour l'accident de Brétigny est cause.

Il semblerait qu'il n'y ait pourtant aucun lien entre les deux déraillements. Dans la catastrophe de Brétigny, si la thèse du sabotage n'est pas totalement exclue, elle reste très improbable, comme le souligne un cheminot interrogé par Libération. Selon lui "sur la malveillance, aucune hypothèse ne peut être écartée mais aucune privilégiée non plus".

Magali Rangin