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Catalogne : un incendie « dantesque »

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Depuis 48 heures, la Catalogne est la proie des flammes. Si l’incendie est maîtrisé côté français, il fait toujours rage en Espagne. 4 personnes ont trouvé la mort et 15 000 hectares de garrigue ont déjà été brûlés. Un incendie « très rapide et très dangereux », selon les pompiers.

L’incendie en Catalogne fait toujours rage côté espagnol. S’il a été maîtrisé côté français, les flammes ravagent toujours le nord-est de l’Espagne. Quatre personnes ont trouvé la mort. Les victimes seraient toutes françaises.
15 000 hectares de garrigue ont déjà brûlé et des centaines de maisons ont été évacuées. 500 pompiers espagnols sont mobilisés, près de 300 pompiers français sont arrivés en renfort. Sans oublier les avions bombardiers d'eau, une trentaine pour l'Espagne, cinq pour la France. L'autoroute A9 entre Perpignan et Barcelone qui traverse la zone a déjà été coupée à deux reprises. Les autorités catalanes ont toutefois indiqué que l'incendie pourrait être sous contrôle ce mardi. Plusieurs fronts sont recensés à La Jonquera, près de Figueres et à Agullana. Manuel qui habite à Agullana est resté chez lui alors que les maisons situées sur les coteaux ont été évacuées. Il craint l’accalmie du vent : « C’est allé très vite, il [l’incendie] est venu du Perthus en 5 heures. Là, le vent est calme, et [le feu] est revenu, on voit les flammes. On a peur que le feu revienne sur le village. » De mauvais souvenirs pour Manuel puisqu’en 1996, aux alentours d’Agullana, des milliers d’hectares étaient partis en fumée.

« C’est une course de vitesse »

Ce mardi matin, les soldats du feu repartent à l’assaut, dans des conditions difficiles. « C’est une course de vitesse, avec un pas de tango, explique Thierry Grizot, directeur adjoint du service départemental d’incendie et de secours des Pyrénées Orientales. On avance, on progresse vers l’avant du feu et quand il y a des reprises en arrière, malgré les moyens qu’on laisse, ils sont insuffisants (…) Il faut surtout dompter les reprises d’activité du feu puisqu’à chaque fois il y a énormément de potentiel calorifique – c’est une végétation dense - donc à chaque fois que le feu se développe, il s’autoalimente, il génère des quantités de chaleur qui elles-mêmes génèrent des inflammations spontanées qui peuvent être très distantes de l’avant physique du feu. »

Un feu « hors normes »

Un feu « hors normes », selon Jean-Pierre Salle-Mazou, directeur du service départemental d’incendie et de secours des Pyrénées orientales : « D’après ce que j’ai entendu chez les Catalans, effectivement ce sont des feux qui reviennent tous les 20 à 30 ans. C’est un feu hors normes parce c’est des feux qui sont assez dantesques, ça va très vite, c’est très rapide et c’est très dangereux, explique-t-il. On ne peut pas mener toutes les actions en même temps, il faut absolument prioriser la sécurité des vies humaines, protéger lorsque qu’on le peut. Mais sur des feux qui vont à cette vitesse, il y a des gens qui vont devant et qui font dégager les gens qui peuvent se trouver dans l’axe de la propagation. »

Une flotte européenne de bombardiers d'eau

Une situation qui pourrait être évitée, selon Patrice Beunard, président du syndicat national des sapeurs-pompiers professionnels qui réclame davantage de moyens : « Voilà près de 20 ou 25 ans qu’on réclame une flotte européenne de bombardiers d’eau avec des moyens mutualisés parce qu’on sait que ça coute très cher. Aujourd’hui, il faut que les pouvoirs publics passent aux actes, il faut qu’on puisse mettre en place cette flotte en capacité d’intervenir sur tout le pourtour méditerranéen parce que tous les ans on assiste à des catastrophes. »

La Rédaction, avec J-W. Forquès et S. Serais