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Carenne, qui a perdu son mari lors d'une interpellation, se bat pour interdire la "clé d'étranglement"

Deux semaines après la mort de Cédric Chouviat au cours d'une interpellation musclée, une autre affaire mettant en cause une intervention policière refait surface.

L'histoire de Philippe Ferrières fait écho à celle Cédric Chouviat, ce livreur à scooter mort à la suite d'une intervention musclée de la police. En mai 2019, Carenne, sa compagne, appelle la police alors que Philippe se trouve sous l'emprise de l'alcool et de stupéfiants. Il tente de rentrer chez elle malgré son refus.

Les forces de l'ordre se rendent sur place mais selon Carenne, l’interpellation se passe très mal.

"Philippe refuse de se faire passer les menottes" explique-t-elle. Carenne voit alors son compagnon "prendre des coups sur "la tête, le ventre, le dos". Selon ses dires, Philippe se plaint alors de douleurs: "Arrêtez, arrêtez. J'ai mal."

"C'est un cauchemar"

Philippe pousse alors les forces de l'ordre, faisant tomber l'un des policiers par terre. L’un des policiers vient alors derrière lui et lui fait une clé d’étranglement "devant nos yeux", explique Carenne qui assiste depuis son balcon à la scène avec ses enfants.

"On voit Philippe s'écrouler au bout d’une minute", relate la mère de famille. "Je vois mon mari les lèvres bleues, tout blanc, et je vois qu’ils déchirent le t-shirt et qu’ils commencent un massage cardiaque", confie-t-elle. "Je me dis qu’est-ce qu’il se passe? C'est un cauchemar."

"Ils auraient dû prendre conscience qu'il y avait quelque chose qui ne va pas"

Quelques minutes plus tard un médecin vient lui annoncer la mort de Philippe. Carenne se bat désormais pour que la technique d'étranglement exercée sur son compagnon soit interdite.

"À partir du moment où ils l’ont vu comme ça, sans vie, ils auraient dû prendre conscience qu'il y avait quelque chose qui ne va pas", explique Carenne, "et puis cette clé d’étranglement il faut arrêter".

Deux enquêtes sont en cours pour déterminer la cause du de la mort de Philippe Ferrières. L'une judiciaire, l'autre menée par l'IGPN, la police des polices. Carenne a depuis changé d'avocat pour Me Arié Alimi, également avocat auprès de la famille de Cédric Chouviat selon Le Parisien.

Hugues Garnier