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Call of Duty: la justice française saisie par les proches d'un des personnages

La famille de l'ancien chef rebelle angolais Jonas Savimbi, estimant qu'il apparaît comme un "barbare" dans le jeu vidéo Call of Duty, a saisi la justice française pour "atteinte à l'honneur" - Jeudi 14 janvier 2016

La famille de l'ancien chef rebelle angolais Jonas Savimbi, estimant qu'il apparaît comme un "barbare" dans le jeu vidéo Call of Duty, a saisi la justice française pour "atteinte à l'honneur" - Jeudi 14 janvier 2016 - Patrick Lauke - Photo d'illustration - Flickr

La famille de Jonas Savimbia a saisi a justice française contre la représentation de l'ancien chef rebelle angolais dans le jeu vidéo de tir Call of Duty, qu'elle juge caricaturale.

Un jeu vidéo peut-il porter atteinte à l'honneur d'une personnalité? La famille de l'ancien chef rebelle angolais Jonas Savimbi, estimant qu'il apparaît comme un "barbare" dans le jeu à succès Call of Duty, a saisi la justice française pour "atteinte à l'honneur", selon une information révélée par son avocate.

Call of Duty poursuivi pour diffamation

La filiale française de l'éditeur du jeu de tir violent, Activision Blizzard, basée à Levallois-Perret, dans les Hauts-de-Seine, est poursuivie devant le tribunal de grande instance de Nanterre pour "diffamation", une première en France pour un jeu vidéo, selon les avocats des parties.

Trois des enfants Savimbi, qui vivent en région parisienne, réclament 1 million d'euros de dommages et intérêts et le retrait de la version du jeu incriminée. Les juges civils examineront l'affaire le 3 février.

Jonas Savimbi représenté en "gros bêtasson"

Seigneur de guerre aussi charismatique que controversé, Jonas Savimbia pris la tête de la rébellion de l'Union nationale pour l'indépendance totale de l'Angola (Unita), lors de la guerre civile qui a ravagé l'ancienne colonie portugaise à partir de 1975. De formation maoïste mais longtemps allié des Etats-Unis contre le régime pro-communiste du MPLA, il était presque toujours vêtu de son uniforme, revolver à la hanche. Sa mort, en 2002, avait finalement mis un terme au conflit.

Plus de dix ans après, ses enfants découvrent le visage de leur père, en allié du héros de Call of Duty, Alex Mason, et dans son propre rôle de chef de guerre face au MPLA, dans l'opus Black Ops II sorti en 2012.

Une image "outrancière"

Mais sa représentation leur déplaît: il apparaît comme un "gros bêtasson qui veut tuer tout le monde", une image "outrancière" qui ne correspond pas à sa personnalité de "leader politique" et de "stratège", selon Me Carole Enfert. Caricatural? L'éditeur du jeu réfute.

Il estime avoir représenté Savimbi "pour ce qu'il était": "un personnage de l'histoire angolaise, un chef de guérilla qui combat le MPLA", argumente Me Etienne Kowalski, d'autant, relève-t-il, que le jeu le montre sous un jour "plutôt favorable", en "gentil qui vient en aide au héros".

A.-F. L. avec AFP