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Calais: une vidéo montre des migrants violemment délogés par des CRS

Des migrants cachés dans des camions en route vers la Grande-Bretagne ont été violemment délogés par les forces de l'ordre la semaine dernière, comme en atteste une vidéo publiée par une association.

L'association Calais Migrant Solidarity a publié ce dimanche sur Internet une vidéo montrant des migrants violemment frappés, délogés d'un camion et projetés au-dessus des barrières de sécurité d'une autoroute. Les images, filmées par d'autres migrants, font ce mardi la Une de Nord Littoral. et ont entraîné une saisine de l'IGPN (Inspection générale de la police nationale). 

Les scènes successives ont toutes été filmées le 5 mai, sur une branche de l'autoroute A16, au port de Calais, précise l'association. La vidéo a ensuite été montée par Calais Migrant Solidarity, qui met en parallèle les images et le discours prononcé la veille à Calais par le ministre de l'Intérieur Bernard Cazeneuve. 

Les CRS "ont fait leur travail"

Alors que la rocade portuaire est bouchée, des poids-lourds en attente d'embarquement pour l'Angleterre sont immobilisés sur la chaussée. Les CRS interviennent alors pour déloger des migrants cachés dans les remorques. Coups de pieds, de poings, poursuites, gaz lacrymogènes, les migrants sont délogés sans aucun ménagement. On voit même des hommes projetés sans états d'âme au-dessus des barrières de sécurité de la voie.

"On demande aux collègues d’éloigner rapidement les migrants des camions pour éviter les accidents", a justifié Johann Cavallero, délégué régional CRS Alliance auprès de Nord Littoral. Les CRS "ont fait leur travail, face à la provocation permanente des migrants et des militants", selon lui. "Il s'agit de bribes d'images", a de son côté estimé Ludovic Hochart, délégué pour la Côté d'Opale du syndicat Unsa-Police interrogé par l'AFP. "Il faudrait passer le film en entier" pour savoir si les policiers répondent à une agression, selon le syndicaliste. En revanche, "si ce sont des violences gratuites, il faut que ce soit sanctionné", a reconnu Ludovic Hochart.

L'IGPN saisi de l'affaire

Selon le quotidien local, les migrants ne souhaitent pas porter plainte, mais "le directeur général de la police nationale a saisi dès lundi l'IGPN (Inspection générale de la police nationale)", a appris l'AFP auprès de la Direction générale de la police nationale (DGPN). "Les circonstances précises de cette intervention seront examinées rapidement", selon cette source, qui précise que "tout manquement avéré aux règles déontologiques sera sanctionné".

En janvier, l'ONG Human Rights Watch avait déjà accusé dans un rapport la police à Calais de violences contre des migrants. Calais Mirant Solidarity a indiqué son intention de transmettre "très prochainement au Défenseur des droits" les rushes de cette vidéo.

A. D.