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"Ça a commencé à se mettre des coups de couteau": un témoin raconte la rixe à Champigny-sur-Marne

Lundi en fin d'après-midi, des jeunes de deux quartiers différents de Champigny se sont affrontés. L'un d'entre eux a été blessé à l'arme blanche et se trouve entre la vie et la mort.

Un adolescent de 14 ans, grièvement blessé, est entre la vie et la mort ce mardi matin après une nouvelle rixe survenue la veille entre bandes de jeunes de la région parisienne. Les échauffourées ont éclaté vers 18h dans le centre-ville de Champigny-sur-Marne, où au moins une quinzaine de jeunes de quartiers distincts se sont affrontés.

"Normalement c'était un tête à tête, ils ont commencé à se battre et après, quand le mec des Boullereaux a commencé à perdre, toute la bande adverse lui a tapé dessus. Après, 30-40 mn plus tard, les mecs de Boullereaux ils sont revenus en masse, les mecs des Mordacs aussi, et ça a commencé à se mettre des coups de couteau, à se taper violemment", raconte au micro de BFMTV un témoin de la rixe.

"Ça me choque"

"Des coups de couteau ont été portés sur un premier jeune qui est tombé à terre", précise sur notre antenne le maire Libres! de Champigny, Laurent Jeanne.

"La bagarre s'est déplacée un peu plus loin et un autre jeune est tombé. Aujourd'hui ils sont entre la vie et la mort. Le défi entre quartiers ne justifie en rien cette violence", tance-t-il.

Le garçon de 14 ans a été grièvement blessé au thorax à l'arme blanche. En arrêt cardiaque, il a été ranimé sur place par les pompiers avant d'être transporté à l'hôpital Henri-Mondor de Créteil. L'autre adolescent blessé, âgé de 16 ans, a été conduit à l'hôpital du Kremlin-Bicêtre, a indiqué la police. Tous deux sont issus des deux quartiers rivaux des Boullereaux et des Mordacs, selon le maire de la ville de 77.000 habitants.

"Ça me choque parce que normalement dans Champigny c'est calme, toutes les cités elles s'aiment, on est ensemble", s'étonne le témoin de l'affrontement qui concède cependant qu'une rivalité opposait ces deux quartiers depuis près d'un an.

"Ces violences deviennent une banalité"

"Nous connaissons une recrudescence de ces phénomènes de bandes depuis au moins un an, je déplore qu'on n'arrive pas à les juguler et qu'à nouveau ces violences deviennent une banalité", a confirmé Laurent Jeanne à l'AFP. Après ces nouvelles violences, quatre mineurs ont été interpellés et placés en garde à vue.

En juin 2020, à Champigny-sur-Marne, deux jeunes ont été blessés dans une rixe aux abords d'un collège. Une vingtaine d'adolescents de la ville et de La Queue-en-Brie s'étaient donné rendez-vous via les réseaux sociaux pour en découdre à coups de barres de fer et de bâtons.

Les 22 et 23 février, deux rixes mortelles ont éclaté dans le département voisin de l'Essonne: une collégienne a reçu un coup de couteau mortel dans la petite ville de Saint-Chéron, puis un garçon est mort poignardé à Boussy-Saint-Antoine, lors de violentes bagarres distinctes. Treize mineurs au total ont été mis en examen pour ces deux drames, survenus dans deux villes distantes de 45 kilomètres.

Ambre Lepoivre Journaliste BFMTV