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"C'est hyper difficile de contrôler": à Paris, les policiers dénoncent un relâchement et un manque d'effectifs

De nombreux policiers patrouillent dans la capitale, mais beaucoup disent avoir du mal à assurer leur mission.

Promener son chien, s'aérer quelques minutes... Depuis quelques jours, les Parisiens reprennent des activités extérieures avec moins d'appréhension qu'au début du confinement. Nombreux sont en effet les habitants de la capitale qui se sentent parfaitement sereins malgré l'épidémie de coronavirus et qui assurent ne pas avoir peur des contrôles de police. D'autant que beaucoup affirment n'avoir jamais croisé le chemin des forces de l'ordre lors de leurs récents déplacements.

"Aucun point de contrôle, pas de policiers, pas de gendarmes. C'est moins dissuasif, on se permet plus de choses", avoue un Parisien au micro de BFM Paris.

"C'est la baguette de pain et le lendemain c'est les clopes"

Une forme de relâchement après plus de trois semaines de confinement qui ne fait pas les affaires des policiers chargés d'effectuer les contrôles dans la capitale.

"Les gens ont toujours une bonne raison de sortir, déplore à BFM Paris Yves, policier de la BAC. C'est la baguette de pain, le lendemain, c'est les clopes... Mais pour nous, c'est hyper difficile de contrôler tout ça! On a une population énorme, donc comment vous voulez contrôler que chaque personne ne fait qu'un déplacement par semaine?", s'interroge-t-il.

Le policier explique par ailleurs que dans de nombreux cas, les verbalisations se révèlent inefficaces pour dissuader la population de sortir de chez elle. Notamment auprès des mineurs, qui savent que le paiement des amendes qu'ils reçoivent retombera sur leurs parents.

"135 euros c'est pas grave, même 200 euros. Ils sont dehors, ils resteront dehors. On aura beau les verbaliser, ils resteront dehors", témoigne Yves.

Un appel à des mesures de confinement "plus drastiques"

Outre les comportements allant à l'encontre des mesures de confinement, les syndicats de police pointent du doigt le manque d'effectifs pour assurer au mieux les contrôles tous les jours dans la capitale.

"On fait ce qu'on peut, assure Rocco Contento, secrétaire départementale Paris Unité SGP Police. Mais on ne peut pas être derrière chaque citoyen pour les contrôler parce qu'on a aussi nos missions de police pour lutter contre la petite, la moyenne et la grande délinquance."

Selon la mairie de Paris, plusieurs milliers de contraventions sont dressées chaque jours quand il fait beau. La récente décision d'Anne Hidalgo et du préfet de police de la capitale d'interdire les activités physiques extérieures de 10h à 19h pourrait permettre de faire diminuer ces chiffres.

Mais pour Rocco Contento, les mesures de confinement "devraient être plus drastiques" pour dissuader les Parisiens de sortir trop souvent de chez eux. D'autant que le déconfinement ne devrait pas être discuté de sitôt, selon le Premier ministre Edouard Philippe.

Raphaël Maillochon, Florian Chevallay et Jean-Baptiste Graziani avec Juliette Mitoyen