BFMTV

Bruit et odeur des vaches : un agriculteur condamné à 6 000 euros d’amende

-

- - -

Dans le Lot-et-Garonne, un agriculteur a été condamné à 6 000 euros d’amende car ses vaches qui apportent bouses, mouches et bruit seraient « un scandale sanitaire » selon son voisin qui vient de l’emporter au tribunal.

Ce sont des vaches qui vont coûter très cher. A Saint-Vincent de la Monjoie, dans le Lot-et-Garonne, un éleveur a été condamné à 6 000 euros d'amende. Un couple a en effet saisi la justice et gagné son procès contre leur voisin, un éleveur de vaches blondes d'Aquitaine. Se plaignant de la proximité des clôtures des bovins avec leur maison, ils dénoncent un « véritable scandale sanitaire » car, ont-ils découvert sans doute avec stupeur, qui dit vaches dit bouses, mouches, et bruit. Les deux voisins propriétaires assurent vivre un véritable calvaire entre insectes, mauvaises odeurs, et mugissements depuis maintenant cinq ans et ont profité d’un arrêté municipal qui oblige les agriculteurs à laisser 100 mètres entre leurs bêtes et les habitations. Dominique Deligny, à l’origine de la plainte, considère donc que « cet agriculteur n’est pas respectueux de la loi. Je veux bien vivre à la campagne, je respecte les agriculteurs, à condition qu’ils me respectent aussi », demande-t-il.

« Les temps sont durs »

Jean-Marc Lantin, l’agriculteur condamné, devra donc payer son amende, éloigner ses bêtes et payer une astreinte de 50 euros par jour de retard. Sur ses 30 vaches, il devra se séparer de cinq d’entre elles pour ses frais. « On est pris vraiment à la gorge, témoigne-t-il. Les temps sont durs, et les banques, si vous avez du matériel à crédit, ils ne vous prêtent plus. Un truc comme ça, condamné, c’est dur ».

« La cohabitation doit pouvoir se faire en bonne intelligence »

Pour Jean-Luc Poli, président de la FDSEA (Fédération départementale des syndicats d'exploitants agricoles) du Lot-et-Garonne, est outré par cette décision de justice. « Le problème vient de cet arrêté très restrictif, qui concerne l’élevage dans cette commune, analyse-t-il. Mais si on a des arrêtés du même type dans d’autres communes, parce que quelqu’un ne supportera pas le tracteur dans le champ voisin, ou bien l’enrouleur qui arrose parce que ça fait du bruit, et bien c’est la fin de l’agriculture dans ces zones. La cohabitation doit pouvoir se faire en bonne intelligence ».

La Rédaction avec Charlotte Gauthier