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Bourges: un chirurgien mis en examen après une opération mortelle de la prostate

En janvier 2016, le patient d'un chirurgien urologue était décédé en pleine opération de la prostate, à l'hôpital de Bourges. Une intervention décrite comme une véritable "boucherie" par le personnel soignant.

L'opération a été décrite par certains témoins comme une véritable "boucherie". Un chirurgien urologue de Bourges a été mis en examen mardi pour "homicide involontaire" après la mort d'un patient au bloc opératoire, lors d'une opération de la prostate.

Son patient, Henry Latour, âgé de 60 ans, avait subi cette intervention le 14 janvier dernier, à l'hôpital de Bourges, dans le Cher. Il était décédé au bloc, lors de cette opération pourtant considérée comme bénigne. Selon un rapport d'expertise cité par Le Parisien, l'opération s'est transformée en "scène de guerre", en raison de nombreux actes d'imprudence du chirurgien, qui aurait "manqué de discernement". 

Interdiction de pratiquer la chirurgie

Agé de 59 ans, ce chirurgien diplômé de la faculté de médecine de Damas, en Syrie, et naturalisé français, a été mis en examen pour "homicide involontaire par maladresse, imprudence, inattention, négligence ou manquement à une obligation de sécurité ou de prudence". Il a été placé sous contrôle judiciaire, avec interdiction de pratiquer toute activité chirurgicale. Fin juin, l'Ordre des médecins de la région Centre l'avait déjà interdit d'exercice jusqu'au 26 octobre. 

L'homicide involontaire par maladresse, imprudence, inattention, négligence ou manquement à une obligation de sécurité ou de prudence est passible d'une peine maximale de trois ans de prison et de 40.000 euros d'amende.

Gestes "violents"

Selon Emilie Latour, la fille du patient, celui-ci était "en pleine forme" lorsqu'il a été décidé de l'opérer. Henry Latour est décédé après une importante hémorragie, selon le rapport de l'anesthésiste.

Le jour de l'opération, le chirurgien était entré au bloc "agité, en colère". Il avait procédé à l'intervention pour enlever un nodule à la prostate en effectuant des gestes "violents", qui avaient fini par percer la vessie, selon l'anesthésiste, avec des pertes de sang "effroyables". Selon un infirmier, des draps de lit gisaient au sol "remplis de sang" et de "copeaux de prostate". Henry Latour succombe à l'hémorragie, malgré plusieurs tentatives de réanimation. 

Véritable "boucherie"

L'expertise citée par Le Parisien évoque par ailleurs une très mauvaise ambiance au bloc ce jour-là, et un chirurgien qui s'est "énervé au-delà du raisonnable en raison des problèmes de matériel". De son côté, l'avocate du chirurgien, Amélie Chiffert, fait valoir le fait que "le centre hospitalier de Bourges n'a pas mis à sa disposition ce dont il avait besoin pour assurer l'opération en toute sécurité".

L'anesthésiste et des membres de l'équipe médicale s'étaient réunis après l'intervention, estimant que "cette intervention était une véritable 'boucherie' indigne de n'importe quel bloc opératoire", est-il écrit dans le rapport. 

A.S.