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Bordeaux: rixe à coups de barre de fer entre deux taxis et un Uberpop

Les conducteurs UberPop continuent d'exercer leur activité, malgré la loi Thévenoud.

Les conducteurs UberPop continuent d'exercer leur activité, malgré la loi Thévenoud. - Britta Perderson - AFP

Deux chauffeurs de taxi se sont battus avec un conducteur Uberpop lundi, à Bordeaux. Un fait divers symptomatique d'une situation sous tension dans la profession, alors que règne un flou juridique sur les VTC.

Ils sont en guerre ouverte depuis plusieurs mois, et les tensions s'accumulent. Lundi, sur les quais des Chartrons à Bordeaux, deux chauffeurs de taxi se sont violemment battus avec le conducteur d'un UberPop, service de covoiturage et jugé comme un "concurrent déloyal", selon la profession. Tous trois sont renvoyés devant le tribunal correctionnel de Bordeaux le 11 septembre prochain, pour "violences croisées avec arme par destination".

Des affrontements qui s'arrangent "sur le pavé"

Selon les premiers éléments de l'enquête, les deux chauffeurs de taxi auraient repéré le conducteur d'UberPop et l'auraient pris à partie. La discussion aurait alors dégénéré en bagarre, avec une barre de fer, et du gaz lacrymogène. L'un des chauffeurs de taxi a obtenu une ITT de deux jours, le conducteur d'UberPop, plus atteint, a lui huit jours d'ITT.

"Cela témoigne d'une forme d'escalade dans le contentieux qui les oppose", a commenté une source judiciaire. Joint par BFMTV.com, le responsable syndical policier d'Alliance à Paris, Pascal Disant, confirme ce climat explosif. "On nous remonte des affrontements toutes les semaines. Ca reste souvent verbal, et ça s'arrange sur le pavé, il y a rarement de dépôt de plainte. Mais il y a des tensions, c'est certain. Les chauffeurs de taxi travaillent douze heures par jour, parfois pour gagner à peine plus du SMIC, alors quand ils aperçoivent des VTC leur piquer des clients sous le nez, ils voient rouge."

Flou juridique autour de l'activité

Interdite théoriquement par la loi Thévenoud du 1er octobre 2014, l'activité d'UberPop, qui consiste à mettre en relation des particuliers et des conducteurs non-professionnels moyennant rémunération, continue pourtant de fleurir. Elle bénéficie, en effet, d'un flou juridique: la constitutionnalité de cette loi a été remise en question par l'entreprise Uber. Saisie, la Cour d'appel de Paris a reporté sa décision à septembre prochain.

Echaudés par la situation, les taxis ont menacé la semaine dernière d'attaquer prochainement l'Etat en justice pour "complicité d'organisation de travail illégal". Selon le ministère de l'Intérieur, 350 procédures judiciaires sont toutefois en cours contre des chauffeurs clandestins. Jointe par téléphone, l'entreprise Uber n'a pas pu réagir dans l'immédiat.