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Beauvais: des policiers envoyés en renfort après deux nuits de violences urbaines

Un véhicule de police (illustration)

Un véhicule de police (illustration) - DENIS CHARLET © 2019 AFP

Le Premier ministre et le ministre de l'Intérieur se rendront sur place vendredi, alors que trois policiers ont été légèrement blessés par des tirs de mortier.

"Beauvais n’est pas Chicago." Le Premier ministre Jean Castex et le ministre de l'Intérieur Gérald Darmanin se rendront vendredi à Beauvais, dans l'Oise, après deux nuits de violences urbaines, lors desquelles trois policiers ont été légèrement blessés par des tirs de mortier d’artifice. "Nous ne sommes pas dans une situation d’émeute urbaine", assure toutefois Caroline Cayeux, la maire LR de la ville, dans les colonnes de L’Obs.

Boules de pétanque, pavés et tirs de mortiers

Dimanche soir, des policiers se sont rendus dans le quartier sensible de Saint-Jean, où un feu de véhicule et des incendies de poubelles avaient été lancés par "une trentaine d'individus habillés de vêtements sombres et le visage dissimulé", selon la procureure de la République à Beauvais, Caroline Tharot.

Sur place, ils ont été accueillis par des jets de boules de pétanque et de pavés. Trois policiers ont également été visés par des tirs de mortiers.

"Les mis en cause ont jeté divers projectiles sur les fonctionnaires de police, les contraignant à faire usage de lanceurs de balles de défense et de grenades de désencerclement", a expliqué lors d’une conférence de presse Caroline Tharot.

"Un fonctionnaire de police a reçu l'un des projectiles à l'épaule" et s'est vu délivrer une ITT de 3 jours, les deux autres souffrant "de sifflements en lien avec les tirs assourdissants de mortiers”, a-t-elle ajouté.

Lundi soir, une trentaine de jeunes ont jeté des pierres sur une voiture de police, causant des dégâts légers.

Selon une porte-parole du ministère de l'Intérieur, un "individu de 16 ans" a été placé en garde à vue lundi. Cette garde à vue a été levée en fin d'après-midi, "les preuves n'étant pas suffisantes pour que l'infraction soit constituée et que des poursuites pénales puissent être engagées", a indiqué la procureure.

"Avec les tirs de mortiers, c'est compliqué car ils nous tiennent à distance", souligne auprès du Parisien une source policière.

Selon Oise Hebdo, le président de la région Hauts-de-France, Xavier Bertrand, a écrit mardi une lettre au ministre de l'Intérieur pour demander des renforts de police, évoquant une “situation très préoccupante”.

En réponse, une soixantaine de fonctionnaires de CRS ont été déployés dans les quartiers où se sont déroulés les affrontements.

"Beauvais est une ville calme habituellement"

Dans un communiqué diffusé lundi, la préfecture de l'Oise a noté que les violences urbaines "particulièrement intenses" intervenues dimanche à Beauvais s'inscrivaient "dans une série d'évènements survenus dans le département".

"En raison du recours quasi systématique à des tirs de mortiers à l'encontre des forces de l'ordre lors de ces confrontations", la préfète de l'Oise a décidé d'interdire par arrêté, jusqu'au 2 mai, la vente, le transport et l'utilisation des mortiers à Beauvais.

"Beauvais est une ville calme habituellement, ces phénomènes sont tout à fait exceptionnels, affirme à BFMTV le premier adjoint au maire Franck Pia. La police est intervenue à plusieurs reprises dans le cadre des contrôles de trafiquants de drogues. A partir du moment où on dérange les trafiquants il y a une espèce de vengeance qui veut s’installer contre les forces de l’ordre", ajoute-t-il.
Esther Paolini Journaliste BFMTV