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Azzimani et el-Jabri: "Aujourd'hui nous sommes heureux"

Abderrahim el-Jabri et Abdelkader Azzimani au micro de BFMTV  après la révision de leur procès mercredi 15 mai.

Abderrahim el-Jabri et Abdelkader Azzimani au micro de BFMTV après la révision de leur procès mercredi 15 mai. - -

Un soulagement mâtiné d'un soupçon de colère, tel est l'état d'esprit d'Abdelkader Azzimani et d'Abderrahim el-Jabri, qui ont tout deux vu la révision de leur procès. En attendant un prochain acquittement "officiel".

"Il y a plusieurs protagonistes (NDLR: les suspects qui ont depuis avoué) qui se concertent pour faire corroborer des faits inexistants et ça, c'est inadmissible. Ils pensaient être plus malins que la Justice, prendre la Justice à leur escient, mais ce n'est pas comme ça que ça se passe", a déclaré mercredi Abderrahim el-Jabri au micro de BFMTV, à la sortie de l'audience qui a vu la révision de son procès et l'annulation de sa condamnation à 20 ans de réclusion criminelle.

Interviewé avec Abdelkader Azzimani, qui bénéficie conjointement de cette réhabilitation, l'homme dit attendre "avec impatience que la Justice fasse son travail promptement et sans équivoque".

Abdelkader Azzimani et Abderrahim el-Jabri, condamnés pour le meurtre d'un dealer en 2003 n'ont eu de cesse de clamer leur innocence. La Cour de révision a annulé mercredi leurs condamnations, conformément aux réquisitions du parquet général après les aveux de deux autres suspects.

"Il faut aller se faire acquitter officiellement"

"C'est historique, car c'est la première fois que la justice reconnaît deux personnes en même temps, Azzimani et moi sommes la neuvième et la dixième erreurs judiciaires", déclare Abderrahim el-Jabri.

Interrogés sur leurs sentiments présents, les deux hommes ont exprimé leur joie et leur soulagement. "Ce sont des moments très, très forts. Ces deux, trois minutes sont très importantes. Je dédie cette victoire à ma fille. Le 17 du mois dernier (avril), nous étions là, c'était une première victoire. Là, c'est une confirmation, maintenant il faut aller se faire acquitter officiellement", a déclaré Abdelkader Azzimani.

Abderrahim el-Jabri dédie quant à lui sa victoire "à son père". Un père, dont, souligne-t-il, il n'a pas pu "assister aux obsèques".

De la souffrance en prison

Comment se remet-on de 13 années passées en prison pour un crime qu'on n'a pas commis? "C'est très difficile de se remettre le pied à l'étrier, on ne se remet pas", assène Abdelkader Azzimani. "Moi, j'ai fait un infarctus il n'y a pas très longtemps, je suis touché par l'eczéma, j'avais chopé la tuberculose en prison, continue-t-il.

"Mais aujourd'hui nous sommes heureux", conclut-il.


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