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Aux assises des Vosges, sosie de Gainsbourg vs. sosie de Johnny

Michel, imitateur de Johnny Hallyday, a été agressé au couteau par un sosie de Gainsbourg, en 2011.

Michel, imitateur de Johnny Hallyday, a été agressé au couteau par un sosie de Gainsbourg, en 2011. - -

Le fan de Gainsbarre est poursuivi pour tentative de meurtre à l'encontre du fan de l'idole des jeunes, qu'il avait poignardé en juillet 2011.

L'affaire avait fait grand bruit à l'été 2011. A Epinal, la "guerre des sosies" avait tourné au drame. En fait de sosies, l'altercation opposait deux imitateurs qui chantent dans des bars, des karaokés ou des discothèques. Mais l'inimitié entre les deux hommes est bien réelle, "sur fond de rivalité artistique", explique Vosges Matin.

Alors, le 23 juillet, quand Michel, alias Johnny Riviera, tond la pelouse dans les parties communes de la résidence de Denis, imitateur de l'homme à la tête de chou, le ton monte. Du balcon au jardin, les noms d'oiseau volent. Le faux Johnny aurait traité le faux Gainsbourg de "looser" ou de "cas social", rapporte L'Est Républicain.

Quoi qu'il en soit, Denis, excédé, descend, couteau en mains, pour régler ses comptes. La lame touche le cou de Michel, passe tout près de la carotide. Méchamment blessé, l'homme trouve refuge chez un riverain qui prévient les secours. Hospitalisé, l'imitateur de l'idole des jeunes se remet rapidement mais reste choqué. "Je suis un miraculé", témoignait-il en mars dans Vosges Matin, expliquant qu'il avait eu du mal à reprendre la chanson après ce "choc psychologique".

"Drame de la misère sociale"

Denis, lui, a été interpellé puis mis en examen pour tentative de meurtre. Incarcéré depuis près de deux ans, il comparaît à compter de vendredi devant la cour d'assises d'Epinal. Il risque jusqu'à 30 ans de réclusion criminelle.

"Il a reconnu les faits mais il réfute la volonté de tuer, il n'a porté qu'un seul coup. Ce sera d'ailleurs tout le débat du procès", explique à BFMTV.com son avocat, Me Gérard Welzer. "C'est avant tout un drame de la misère sociale, deux fans de chanteur qui se produisaient ensemble et qui se jalousaient l'un et l'autre. Mais tout ne s'est pas noué ce jour-là, mon client subissait les brimades de sa victime depuis plusieurs semaines", plaide le pénaliste.

Pour la partie adverse, la jalousie n'était le fait que de Denis. "Son but était clair: m'éliminer des concours", confiait Michel à L'Est Républicain deux mois après l'agression, se référant à des concours d'imitation au cours desquels "Johnny" a plusieurs fois battu "Gainsbourg".

"Si cette histoire peut prêter à sourire, il ne faut pas oublier qu’il y a quand même quelqu’un qui a voulu en tuer un autre. L’endroit où le coup de couteau a été donné laisse en effet peu de place à l’imagination concernant les intentions de l’auteur", accusait son avocate, Me Julie Picard. Contactée par BFMTV.com, cette dernière n'a pas souhaité s'exprimer avant l'ouverture du procès, dont la fin est prévue pour lundi soir.

Michel, lui, semble déterminé. A l'Est Républicain, il a confié: "J’ai beau être croyant et baptisé, je ne peux pas lui pardonner. Je veux qu’il prenne conscience de ses actes."