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Automobile : Heuliez placé en redressement judiciaire

Les 295 salariés d’Heuliez vivent le troisième dépôt de bilan de l’entreprise en l’espace de sept ans.

Les 295 salariés d’Heuliez vivent le troisième dépôt de bilan de l’entreprise en l’espace de sept ans. - -

Le tribunal de commerce de Niort, dans les Deux-Sèvres, a placé jeudi en redressement judiciaire l'équipementier automobile Heuliez SAS avec une période d'observation de six mois.

L’équipementier automobile Heuliez SAS a été placé ce jeudi en redressement judiciaire. Le tribunal a suivi la demande du ministère public, qui lui-même relayait la requête d'Eric Dumay, directeur général d'Heuliez, de François de Gaillard, représentant son propriétaire depuis 2010, du groupe Baelen Gaillard Industrie (BGI) et du secrétaire du comité d'entreprise Claude Point (CFDT) représentant l'ensemble des 295 salariés.

Entre 9 et 10 millions d'euros de dettes

Le groupe familial Heuliez, en grande difficulté à partir de 2006, avait été sauvé en 2010 grâce à la reprise de la partie historique de carrosserie, ferrage, emboutissage et assemblage par BGI, et par celle de la branche voiture électrique par un industriel allemand sous la marque Mia Electric.
L'ancienne candidate à l'élection présidentielle de 2007, Ségolène Royal, présidente de la Région Poitou-Charentes, s'était mobilisée pour sauver l'entreprise. La direction de l'entreprise avait annoncé lundi sa décision de se déclarer en cessation de paiement. Selon les syndicats, le montant des dettes seraient de l'ordre de 9 à 10 millions d'euros. Devant le tribunal, BGI n'avait pas évoqué le moindre repreneur potentiel. Heuliez avait souligné lundi que « le Groupe BGI est arrivé au bout de sa capacité de soutien rendant une nouvelle recapitalisation menée par BGI impossible à ce stade ».

Une piste de relance possible

Une situation qui n’empêche pas Claude Point, secrétaire du comité d'entreprise CFDT, de juger un plan de continuation possible. L'une des pistes suivies pour une relance de l'activité est la fourniture de pièces détachées pour le constructeur allemand Volkswagen, un contrat qui semblait être proche d'être conclu ces dernières semaines et dont les syndicats estime qu’il pourrait rapporter de 20 à 30 millions d'euros de chiffre d'affaires annuel à Heuliez dès 2014, pour 3000 à 6000 références de pièces détachées.
En attendant, Heuliez, qui vient de déposer pour la troisième fois son bilan en l'espace de sept ans, s'estime victime indirecte de la crise du secteur automobile français et du « très faible démarrage commercial des véhicules électriques » dont celui de Mia Electric pour qui elle fabrique les châssis. En 2012, les prévisions faisaient état d'un potentiel de commandes de l'ordre de 38 millions d'euros mais finalement seulement à peine 1 million de chiffre d'affaires a été réalisé dans ce secteur. Seule la réussite de son secteur aéronautique revendu à Eurocopter en 2012 a permis à Heuliez de ne pas sombrer.

J.V. avec Reuters