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Attentats de Paris: pourquoi l'identification des victimes prend du temps

Des vestes gisent sur le sol de la terrasse du Comptoir Voltaire.

Des vestes gisent sur le sol de la terrasse du Comptoir Voltaire. - Kenzo Tribouillard - AFP

Dans l'urgence vendredi soir, de nombreux blessés ont été évacués sans papiers et les morts laissés sur place. Ce qui explique en partie des temps d'identification parfois longs.

Près de 48 heures après les attaques qui ont frappé Paris, de nombreuses familles font encore le tour des hôpitaux de Paris pour retrouver leurs proches. BFMTV a par exemple rencontré dimanche matin une mère qui venait enfin de retrouver son fils après avoir fait le tour de 6 hôpitaux. Il venait de sortir du comas. Manuel Valls a annoncé dimanche midi que 103 des 129 personnes mortes dans les attentats de Paris ont été identifiées par les autorités. Pourquoi l'identification prend-t-elle du temps?

La dispersion des blessés

Depuis vendredi soir, les hôpitaux de l’Assistance Publique - Hôpitaux de Paris ont pris en charge 415 personnes dans 10 établissements. La dispersion des victimes a donc compliqué leur localisation.

Pour sa part, l'hôpital Georges-Pompidou a annoncé dans la soirée que tous les blessés qu'il avait pris en charge avaient été identifiés. 

Des victimes sans papiers

Interrogé sur BFMTV, le médecin urgentiste Patrick Pelloux a dit "partager cette douleur de l'attente". "Je tiens à présenter nos excuses, on est allé très vite pour sauver un maximum de monde", a expliqué l'ancienne plume de Charlie Hebdo.

Dans l'urgence de nombreux blessés ont été évacués sans avoir leurs papiers sur eux ou leur sac à main, tout particulièrement au Bataclan ou certains avaient laissé leurs affaires au vestiaire. "On est parti sans forcément avoir d'identité et on ne peut pas faire autrement", a-t-il ajouté.

"Une situation inédite"

La police scientifique est chargée de l'identification des corps. La ministre de la Justice a assuré dimanche que les équipes de la police chargées d'identifier les corps des victimes des attentats vendredi soir avaient "conscience de l'attente des familles". Christiane Taubira a souligné qu'elles faisaient "face à une situation inédite" vue le nombre de personnes. Elle a enfin rappelé que les équipes devaient sécuriser au maximum l'identification en vue de procédures judiciaires ultérieures.

Dans cette confusion, certaines familles toujours sans nouvelles se sont rabattues sur les centres de soutien aux victimes, notamment celui ouvert à l’Ecole Militaire. Et les réseaux sociaux, bien-sûr, ont joué un rôle à travers le hashtag #rechercheParis.

Un père en détresse interpelle Manuel Valls

Alors qu’il saluait les forces de l’ordre Gare du Nord, Manuel Valls a été apostrophé par un père de famille dimanche matin. L’homme, sans nouvelle de sa fille présente au Bataclan a fait part de sa détresse au Premier ministre.

Karine Lambin