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Arras: frappé, intimidé, un jeune de 16 ans obligé de voler des portables pour rembourser une dette

Il vivait avec 42 animaux dans un deux pièces (photo d'illustration).

Il vivait avec 42 animaux dans un deux pièces (photo d'illustration). - AFP

Un Lensois de 16 ans, endetté auprès d'une bande de jeunes après avoir acheté des stupéfiants, a été attaché à une chaise et roué de coups par ces derniers ce mardi après-midi. Dans l'incapacité de régler sa dette, le groupe l'a obligé à voler des portables dans la rue.

Il est des factures qu'on appelle "douloureuse" à plus d'un titre. La dette qu'a souscrit un jeune Lensois avant d'éprouver toutes les peines du monde à la régler en est l'illustration, comme l'a montré cet article de La Voix du Nord. Ce mardi après-midi, l'adolescent est invité à Arras pour fumer un joint avec un groupe de jeunes. Mais il se présente devant eux en débiteur après un précédent achat de drogue. A l'arrivée, l'adresse est un squat, le rendez-vous un traquenard.

Loin de lui proposer du cannabis, on le somme d'effacer son ardoise. Il en est bien incapable car il n'a pas d'argent. Pour le faire payer, mais d'une autre manière, ses créanciers l'attachent à une chaise et le tabassent. Le sanglant manège dure une heure. Dans l'affaire, on lui subtilise aussi veste, sacoche, et montre. Et il n'est pas encore au bout de ses déconvenues. 

On lui ordonne en effet de rétablir la balance en volant des portables. Suivi par la bande, il s'achemine vers le lycée Robespierre. Pour parvenir à ses fins, il arrête des passants, leur demande leur portable sous prétexte de passer un coup de fil puis détale avec le précieux cellulaire. 

Plus tard, libéré de sa tâche, il fait la rencontre d'un autre groupe dont il reconnaît certains membres. Il leur raconte son histoire mais visiblement son infortune ne fait que donner des idées à ses interlocuteurs. A nouveau, on le frappe et on lui confie la même mission. Pour s'y plier, il essaye de voler celui d'une femme qui l'avait toutefois vu opérer quelques instants auparavant et avait noté qu'il agissait sous la contrainte. Elle appelle la police. Celle-ci interpelle sept personnes, et en place quatre en garde à vue, relâchant les trois autres. Tous sont mineurs ou des jeunes majeurs. Deux jours plus tard, la police procède à trois interpellations supplémentaires. Ce vendredi matin, deux mineurs devaient être présentés au parquet et deux jeunes devaient être déférés pour une comparution immédiate. 

R.V.