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Ariège: un maire accusé d'avoir pillé les dons des fidèles à l'église

La cathédrale Saint-Lizier.

La cathédrale Saint-Lizier. - Pierre Bona via Wikimedia Creative Commons

Condamné en première instance pour avoir détourné de fortes sommes auprès des paroissiens de la commune, le prêtre de Saint-Lizier est mort il y a quelques jours. Ce mardi, à Foix, comparaissait le maire du village, soupçonné d'être lui aussi impliqué dans ces malversations. Il y a quelques mois, il avait déjà été condamné, pour agression sexuelle cette fois, sur un octogénaire.

Deux paroissiens bien peu charitables. Le 2 janvier dernier, le père René Heuillet, prêtre de Saint-Lizier, en Ariège, est mort à l'âge de 82 ans, avant de pouvoir être jugé en appel dans une sombre affaire. Il avait été condamné en première instance, en février 2016, pour avoir détourné de fortes sommes tirées du produit de la vente de bougies votives dans les églises de Saint-Lizier et des dons des fidèles, versés dans les troncs disposés à cet effet.

Il était ainsi soupçonné de s'être constitué, en 26 ans, un pécule d'environ 666.000 euros (soit 100.000 fois le nombre de la Bête dans l'Apocalypse de Saint-Jean et la tradition chrétienne). Et, comme le précise ici Europe 1, l'enquête a fait apparaître qu'il avait pu bénéficier d'un associé de marque dans cette entreprise: le maire du village, Etienne Dedieu, qui a comparu ce mardi devant le tribunal correctionnel de Foix, dans l'Ariège. 

"Un pillage organisé"? 

L'élu de 74 ans, comptable de formation et sacristain par ailleurs, est lui accusé d'avoir détourné un total de 32.000 euros au cours des trois dernières années. Cet argent aurait, là encore, été ponctionné sur le commerce des bougies ecclésiales. Ouest France ajoutait il y a quelques semaines qu'il était aussi soupçonné d'avoir capté 8000 euros à travers les pièces collectées dans le monnayeur contrôlant l'éclairage électrique des églises. 

"Nous sommes face à un pillage organisé au détriment de l'Eglise et des humbles, car cet argent sert aussi à améliorer les conditions des précaires et des prêtres en retraite", a assuré maître Ludovic Sérée de Roch, avocat de l'association diocésaine de l'Ariège, qui s'est constitué partie civile, comme le rapporte Europe 1. Le défenseur du maire a contré: "Etienne Dedieu ne s'est jamais enrichi. Il a plutôt donné de son temps, de sa personne et de ses deniers pour faire vivre sa commune".

Une agression sexuelle en novembre 2013 

Etienne Dedieu n'est en tout cas pas un inconnu pour la justice. Mais les présentations avaient été faites dans des circonstances bien différentes. Après avoir comparu en octobre dernier, il avait récolté une peine de quatre mois de prison avec sursis, 2000 euros d'indemnités à verser à sa victime, et une inscription au fichier des délinquants sexuels pour agression sexuelle, comme l'a retranscrit La Dépêche du Midi.

Le 11 novembre 2013, à l'issue du pot de l'amitié qui avait suivi la cérémonie de commémoration de l'armistice, il s'était retrouvé seul dans une salle avec un octogénaire, qu'il a alors embrassé sans son consentement à plusieurs reprises. Etienne Dedieu, lui, a seulement concédé que leurs lèvres s'étaient "effleurées". Le plaignant avait aussi affirmé qu'il s'était "réveillé" plus tard (les deux hommes avaient bu) avec la main du maire "sur sa braguette", ce que celui-ci avait nié. 

Robin Verner