BFMTV

Ardennes: le patron local de l'antiterrorisme mis en examen pour viol et écroué

L'homme a fait la plus grande partie de sa carrière à l'antenne locale des Ardennes de la DGSI. (Image d'illustration)

L'homme a fait la plus grande partie de sa carrière à l'antenne locale des Ardennes de la DGSI. (Image d'illustration) - AFP

Le chef de l'antenne locale de la DGSI dans les Ardennes a été mis en examen pour "viol et agression sexuelle aggravés" sur une mineure avec qui il était en relation dans le cadre de ses fonctions. Cet homme de 57 ans, père de famille, également mis en cause pour "consultation habituelle et détention d’images pédopornographiques".

Lors de son audition, il a expliqué la considérer comme sa fille. Le patron de l'antenne locale de la Direction générale de la sécurité intérieure (DGSI) des Ardennes a été mis en examen pour "viol et agression sexuelle aggravés" sur une jeune femme, mineure à l'époque des faits, avec qui il était en contact dans le cadre de ses responsabilités professionnelles. Suspendu administrativement depuis le mois d'avril, il a été écroué, appris BFMTV auprès du procureur de Reims confirmant les informations de l'Ardennais.

Les faits ont été révélés par la jeune femme elle-même. Au début du mois d'avril, la victime, aujourd'hui âgée d'une vingtaine d'années, a déposé plainte au commissariat de Reims. Face aux policiers qui recueillent son témoignage, elle met en cause le directeur de l'antiterrorisme local qui a fait le plus gros de sa carrière dans les Ardennes. Ce commandant de police et la jeune femme ont entretenu une relation professionnelle dans le cadre des activités de la DGSI. Un rapport qui a duré jusqu'au début de l'année quand un nouveau fonctionnaire de police a été désigné comme son interlocuteur.

"Relation incestueuse"

Dans sa plainte, la jeune femme décrit 3 faits de viol commis dans le courant de l'année 2016 soit dans le bureau de la DGSI ou dans une forêt près de Charleville-Mézières où le policier l'avait emmenée. Elle montre aussi des SMS échangés entre eux, où l'homme s'excuse. La victime, décrite comme fragile psychologiquement, avait alors 17 ans. Ce témoignage avait déclenché une enquête ouverte par le parquet de Charleville-Mézières puis par le parquet de Reims. Les investigations préliminaires ont duré deux mois.

Placé en garde à vue le 20 juin, le commandant de police âgé de 57 ans a reconnu des caresses réalisées sur la jeune femme à deux reprises mais nie tout acte de viol. Il parle d'actes consentis. Ce père de famille parle aussi de relation amoureuse et évoque de lui-même une relation incestueuse. "Il dit qu’il la considérait comme sa fille et conteste tout acte de contrainte morale et physique tout en admettant qu’elle avait pu ne pas exprimer de consentement sur certains des actes qu’il avait réalisés", détaille le procureur de Reims, Mathieu Bourrette.

La crainte d'une autre victime

Les investigations, et notamment les perquisitions, ont permis de découvrir que l'homme entretenait un attrait pour les mineurs depuis plusieurs années. Selon nos informations, le commandant de police se livrait régulièrement, et ce depuis une dizaine d'années, à des consultations de sites pédopornographiques et téléchargeait de nombreux contenus du même type. Des milliers, voire des dizaines de milliers de photos de mineurs dénudés et dans des positions suggestives ont été découverts. D'autres avaient été effacés des supports informatiques par le policier lui-même.

Face aux enquêteurs de la "police des polices" de la DGSI en charge de l'affaire, le commandant, bien noté et apprécié de sa hiérarchie a expliqué avoir reconnu consulter "de manière compulsive" ces sites. Il dit s'être "initié" à ce genre de pratique après avoir visité ces forums par curiosité malsaine il y a 4 ou 5 ans. Les compétences informatiques de ce commandant de police, mais aussi son passage à la brigade des mineurs au début de sa carrière, font craindre l'existence d'au moins une autre victime. 

Alexandra Gonzalez avec Justine Chevalier