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Angèle, 4 ans, torturée et morte étranglée: sa mère et son beau-père devant les assises

Le verdict est attendu vendredi 14 octobre.

Le verdict est attendu vendredi 14 octobre. - AFP

Jordane Dubois et David Pharisien, la mère et le beau-père d'Angèle, fillette de quatre ans morte en septembre 2014 après avoir été torturée puis étranglée, sont jugés depuis ce lundi matin devant la cour d'assises de la Vendée.

Ils encourent la réclusion à perpétuité. Le procès de la mère et du beau-père d'Angèle, une fillette de quatre ans morte le 8 septembre 2014 en Vendée après avoir été torturée et étranglée, s'est ouvert ce lundi matin devant la cour d'assises de Vendée, à La Roche-sur-Yon. 

Jordane Dubois, 24 ans, et son ancien compagnon, David Pharisien, 29 ans, sont accusés des crimes de "torture ou acte de barbarie sur mineur de moins de 15 ans", notamment des brûlures et des morsures. La mère d'Angèle, qui a reconnu avoir effectué une pression au niveau du cou de sa fille morte par strangulation, mais réfute avoir voulu lui donner la mort, est également jugée pour "meurtre". Elle encourt la réclusion criminelle à perpétuité. 

Des brûlures sur 35% du corps

Le corps d'Angèle avait été découvert le 8 septembre 2014, à peine trois semaines après l'emménagement de la fillette et de sa mère chez le nouveau compagnon de cette dernière, à Saint-Georges-de-Pointindoux, une commune située à une vingtaine de kilomètres à l'ouest de La Roche-sur-Yon. Les pompiers, appelés par le beau-père, avaient trouvé l'enfant inanimée, couverte de bleus, mais aussi de morsures et brûlures. 

Les différentes lésions trouvées sur son corps, notamment les brûlures et les hématomes, avaient d'abord été expliquées comme résultant d'une chute dans les escaliers et d'une douche trop chaude. L'autopsie avait mis en évidence de nombreuses traces de coups en divers points du corps, des morsures et des brûlures, allant du deuxième au troisième degré sur une surface corporelle de près de 35%. Les coups, reconnus en garde à vue par la mère et son compagnon, et justifiés "par la turbulence et les désobéissances multiples" de la fillette, se seraient au total étalés sur trois semaines. 

Douches brûlantes

En revanche, les deux accusés se sont toujours rejeté la responsabilité des douches brûlantes données par punition, occasionnant les graves brûlures sur le corps de l'enfant.

Lors du procès, "la question va se poser de savoir qui a fait quoi exactement, (...) ainsi que celle de l'alchimie entre eux deux qui aboutit si vite à ces violences", dès l'installation de la mère d'Angèle chez son compagnon, souligne Loïc Cabioch, qui défend Jordane Dubois. 

David Pharisien "n'a jamais torturé cet enfant qu'il connaissait depuis quinze jours", martèle son avocat, Lee Takhedmit. "Il s'en veut d'avoir commis des violences et des punitions inadaptées, mais il a toujours nié les brûlures. (...) Il n'y a guère pour justifier le renvoi de mon client devant une cour d'assises que la parole de cette femme-là et celle-ci ne vaut rien, parce qu'elle a évolué à plusieurs reprises", poursuit-il. 

"Entre la naissance d'Angèle et son arrivée en Vendée, il n'y a pas d'éléments de danger", pointe de son côté Me Cabioch. 

Les services sociaux alertés dès 2011

Le père d'Angèle, sans nouvelle de sa fille après sa séparation avec Jordane Dubois, avait alerté en octobre 2011 les services sociaux du Val-de-Marne, où il vivait. Ce signalement avait donné lieu à une enquête, qui avait conclu à une absence de danger. 

Le père s'est constitué partie civile au procès, tout comme trois associations de protection de l'enfance. L'une d'elles, L'Enfant bleu, entend pointer "les dysfonctionnements" dans le suivi de la mère d'Angèle, placée jusqu'à sa majorité à l'aide sociale à l'enfance, met en avant l'avocate de l'association, Laurence Micallef-Napoly.

"Il nous paraît très inquiétant qu'on puisse laisser dans la nature une jeune femme de 18 ans avec un bébé de six mois, sans aucun suivi alors qu'elle était signalée comme vulnérable", déclare-t-elle. Le verdict est attendu vendredi. 
Adrienne Sigel avec AFP