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Police-Justice

Alerte à Paris: "Si les gens s’affolent, c’est leur faute", explique l'un des auteurs de l'appel

Deux adolescents disent être les auteurs de l'appel qui ont entraîné, samedi, un important déploiement des forces de l'ordre dans le quartier des Halles à Paris.

Pour "dénonciation de crimes imaginaires", ils encourent jusqu'à deux ans de prison et 30.000 euros d'amende. Sans compter les dommages et intérêts. Deux adolescents revendiquent l'appel qui a déclenché l'important déploiement des forces de l'ordre samedi dans le quartier des Halles à Paris. Dans un premier temps qualifié de "fausse alerte", ce coup de téléphone déclencheur était considéré dimanche comme un "appel malveillant" par le ministère de l'Intérieur.

Les deux adolescents, avec lesquels BFMTV a pu s'entretenir, qui assurent être à l'origine de cet appel ont 16 et 17 ans. Sur les réseaux sociaux, ils se font appelés Zakhaev Yamaha et Tylers Swatting. Un dernier pseudo évocateur et représentatif. Il fait en effet référence aux appels indiquant un faux incident grave qui consiste à faire déplacer massivement le SWAT, l'unité d'élite d'intervention aux Etats-Unis.

Prise d'otages

Ce samedi, il est 15h33 quand les deux hackers passent leur appel à police-secours. L'un d'entre eux se fait passer pour un prêtre et indique qu'une prise d'otage est en cours à l'église Saint-Leu. Lui se serait réfugié avec une vingtaine de personnes dans la cave. "On a simulé une prise d'otages dans l'église, raconte à BFMTV l'un des deux hackers. Dix personnes de type maghrébin avec des ceintures explosives et des armes."

Dans un contexte de menace terroriste élevée et après l'attentat de Saint-Etienne-du-Rouvray, les forces de l'ordre vont se déployer en nombre autour de cette église du Ier arrondissement parisien. "On ne pensait pas que ça allait marcher, reconnait l'un des deux hackers. On a fait ça pour le buzz, histoire de se faire connaître."

"Si les gens s’affolent, c’est leur faute", poursuit-il toujours dans la provocation.

Une mosquée dans leur viseur

Face aux différents appels que reçoivent les forces de l'ordre ces derniers mois, les policiers qui avaient pris celui-ci ont toutefois fait preuve de prudence avant de lancer l'alerte générale. "Vous savez il y a tellement de canulars, qu'on veut vérifier si c'est pas un canular, c'est pour ça que je vous ai dit ça tout à l'heure", explique même au téléphone une policière après avoir demandé des précisions sur les preneurs d'otages.

Selon L'Obs, le projet initial des deux hackers était de "swatter" une mosquée. "Mais après Saint-Etienne-du-Rouvray on s'est dit que ça marcherait mieux avec une église", lancent-ils. Pour réaliser leur projet - "se faire connaître" - les deux hackers ont fait leur pub sur les réseaux sociaux. "Bref, dans 10 minutes je swatt l'église qui veut skype?" écrit l'un d'entre eux sur Facebook.

"J'ai fait le pire SWATT, j'ai fait déplacé [sic] des hélico, le gouvernement, 50 voiture de flics j'suis passer [sic] en premier sur twitter, j'suis passer sur periscope, j'suis passer sur facebook, j'suis passer sur BFMTV et 10 journal", conclut-il. 
J.C.