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Albi: trois policiers en examen pour non-assistance à personne en danger

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- - JEAN AYISSI / AFP

Les trois fonctionnaires se sont contentés de raccompagner chez lui un jeune homme de 22 ans, pourtant en mauvaise posture après une bagarre. Il est mort quelques heures plus tard.

S'ils avaient été plus prévenants, les trois policiers qui ont raccompagné chez lui Joël Dimonika, le 19 juillet 2017, auraient-ils pu lui sauver la vie? C'est la question qui se pose alors que La Dépêche du Midi rapporte ce lundi que les trois fonctionnaires ont été mis en examen en septembre dernier pour non-assistance à personne en danger. Une enquête avait été ouverte juste après les faits pour éclaircir les circonstances de la mort du jeune homme. 

"Il avait du mal à tenir sur ses jambes"

Ce soir-là, une violente bagarre éclate entre Joël Dimonika et un autre individu dans une épicerie du centre-ville d'Albi (Tarn). Contactées, les forces de l'ordre se rendent alors sur place et découvrent un jeune homme hagard mais sans blessures apparentes. 

"Joël est venu s’asseoir dans mon magasin. Il avait du mal à tenir sur ses jambes, mais n’avait pas de sang sur le visage", confiait à l'époque l'épicier à la Dépêche du Midi. 

Les trois fonctionnaires décident alors de raccompagner le jeune homme jusqu'à son immeuble. Mais là, alors que la police a déjà rebroussé chemin, il s'effondre. Des témoins l'emmènent immédiatement aux urgences mais trop tard, il y mourra après quelques heures. 

La cause de la mort toujours inconnue

Les proches du défunt s'interrogent aujourd'hui sur les raisons pour lesquelles les gardiens de la paix, constatant l'état du jeune homme et sachant qu'il venait de prendre part à une rixe violente, ne l'ont pas emmené à l'hôpital pour passer des examens. L'autopsie n'a en tout cas pas permis de déterminer les causes de la mort de Joël Dimonika, dont la dépouille ne portait aucune trace de coups. Rien ne permet donc de dire qu'une visite à l'hôpital aurait suffi à lui sauver la vie.

Jointe par La Dépêche, l'avocate de l'un des trois policiers se refuse à commenter une instruction en cours mais "conteste vigoureusement la qualification retenue pour cette mise en examen". 

C.R.