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Alain Finkielkraut insulté: le parquet de Paris ouvre une enquête, un suspect identifié

Une enquête a été ouverte par le parquet de Paris du chef d'"injure publique en raison de l’origine, l’ethnie, la nation, la race ou la religion, par parole, écrit, image, ou moyen de communication au public par voie électronique". Ce dimanche, le ministre de l'Intérieur indique qu'un suspect a été identifié.

Une enquête a été ouverte, au lendemain des insultes proférées à l'encontre d'Alain Finkielkraut en marge de la manifestation des gilets jaunes. Selon nos informations, le parquet de Paris s'est saisi des investigations pour le chef d"'injure publique en raison de l’origine, l’ethnie, la nation, la race ou la religion, par parole, écrit, image, ou moyen de communication au public par voie électronique" et l'enquête a été confiée à la Brigade de répression de la délinquance contre la personne (BRDP).

Dans un message posté sur Twitter, Christophe Castaner, le ministre de l'Intérieur, a ajouté qu'un suspect, "reconnu comme le principal auteur des injures", a été identifié par les services de police.

"Parce que la France ne leur appartient pas, qu'elle n'est pas cette haine, une enquête a été ouverte", rajoute Christophe Castaner.

"Barre toi, sale sioniste de merde", "grosse merde sioniste", "nous sommes le peuple", "la France elle est à nous": le philosophe et académicien a été injurié et sifflé ce samedi dans le quartier de Montparnasse à Paris, selon des vidéos diffusées sur les réseaux sociaux et qui ont déclenché une vague d'indignation au sein de la classe politique, beaucoup dénonçant des propos à caractère antisémite.

La Licra va saisir la justice

Si l'intéressé n'a pour le moment pas encore décidé s'il allait porter plainte, la Ligue Internationale Contre le Racisme et l'Antisémitisme (Licra) a indiqué à BFMTV qu'elle va saisir la justice pour les faits dont le philosophe a été victime, une information qu'elle a ensuite rendu publique par le biais de son compte twitter.

Sur notre antenne, Mario Stasi, le président de la Licra a tenu à réagir. "Nous avons saisi le parquet de ces faits ignominieux et nous espérons que la justice sera diligente et que la réponse sera à la hauteur de la gravité du mal", dit-il.

Cet avocat de formation, rajoute que même si les auteurs de ces insultes sont identifiés, ils ne pourront pas être jugés avant quelques années selon la loi de la presse, de 1881, sur la liberté d'expression. Il s'agit pour ce dernier "d'un défaut de législation".

"Il faudrait prendre des mesures pour que ces personnes qui tiennent des propos racistes puissent être jugés en comparution immédiate dans les meilleurs délais", estime Mario Stasi. "Il faut mener un combat d'envergure pour lutter contre l'antisémitisme" rajoute l'avocat.
Mélanie Vecchio, avec Jérémy Maccaud et AFP