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Agressions sexuelles sur une subordonnée: peine réduite en appel pour un policier municipal

Un policier municipal - Image d'illustration

Un policier municipal - Image d'illustration - AFP

Initialement condamné à 5 ans de prison ferme pour avoir agressé sexuellement une policière à plusieurs reprises, cet ancien chef adjoint de la police municipale a vu sa peine réduite en appel à 5 ans de prison, dont trois avec sursis.

Un ancien chef adjoint de la police municipale de Suresnes (Hauts-de-Seine) a vu ce mardi sa peine réduite en appel à cinq ans de prison, dont trois avec sursis, pour avoir harcelé et abusé sexuellement d'une subordonnée, a-t-on appris auprès des parties.

Cet homme de 44 ans, qui niait vigoureusement les faits, avait été condamné à 5 ans ferme en octobre 2017 pour des faits dénoncés par une policière municipale de 22 ans son aînée, aujourd'hui retraitée. Il avait fait appel.

"On a correctionnalisé les faits de viols et on se retrouve avec des peines qui ne sont pas à la hauteur des faits qui ont été commis", a regretté ce mardi auprès de l'AFP Agnès Cittadini, l'avocate de la victime. "C'est une grande victoire, mais je n'oublie pas que j'avais plaidé l'innocence de [mon client] et que de ce point de vue là on n'a pas été entendu", a réagi, pour la défense, Me Sylvain Cormier.

"Cette affaire-là à bousillé ma vie"

A l'audience du 30 octobre, l'avocat général Guéric Le Bras a déclaré avoir "la certitude" que la victime disait "la vérité sur les actes inadmissibles, répétés, qu'elle a subi".

"Ces agissements là sont répandus. Le prévenu n'est pas responsable de ce fait social, mais il y a quand même un message à envoyer à la société", a-t-il poursuivi, requérant 5 ans de prison dont deux avec sursis, comme l'avait fait le ministère public en première instance.

La policière avait déposé plainte en juillet 2012, racontant les appels et sms graveleux sur son téléphone, les convocations quotidiennes dans le bureau de son supérieur où elle subissait des attouchements et, une fois, une fellation imposée. Elle craignait de perdre son travail si elle parlait. "Cette affaire-là a bousillé ma vie", a-t-elle déclaré, émue, à la barre. "Il y a une partie de ma dignité, de moi-même, qui est effacée".

"On m'accuse de faits graves que je n'ai jamais commis, que je ne commettrai jamais", s'est insurgé son ancien supérieur. Recruté en 2004, l'ex-fonctionnaire avait été suspendu par sa hiérarchie après sa mise en examen en décembre 2012, à la suite de la plainte de la victime.

Paul Louis avec AFP