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Agression d'un boucher à Paris: deux militants antispécistes de 21 et 30 ans jugés

Deux militants antispécistes de 21 et 30 ans sont jugés ce mardi après-midi pour l'agression d'un boucher parisien le 4 mai dernier. Ils encourent jusqu'à 5 ans de prison et 75.000 euros d'amende.

Ils vont comparaître libres. Deux jeunes militants antispécistes sont jugés pour "violences en réunion" ce mardi à partir de 13h30 par le tribunal correctionnel de Paris pour l'agression d'un boucher bio à Paris le 4 mai dernier. Interpellé deux jours après les faits et présenté à un juge en comparution immédiate au début du mois de mai, le couple avait demandé un délai supplémentaire pour préparer sa défense.

Une vingtaine d'individus ont vandalisé le 4 mai dernier l'étale de Steevens Kissouna, artisan boucher bio installé au marché couvert Saint-Quentin, dans le Xe arrondissement de Paris. Le commerçant a été frappé et sa marchandise détruite après avoir été aspergée de faux sang par des individus scandant des slogans 'liberté, défense des animaux". Cette agression avait suscité un vif émoi dans la profession, soutenue par le ministre de l'Agriculture, qui avait qualifié les faits d'"inacceptables et d'intolérables". 

"Je suis le seul boucher bio du marché, avait réagi auprès de BFMTV le boucher. Je prône vraiment une autre image de la filière, pour que les bêtes soient respectées."

Recrudescence des actes de vandalisme

Trois jours après les faits, Pierre-Antoine et Ludivine, 21 et 30 ans, ont été jugés en comparution immédiate. Le jeune homme est un étudiant parisien en mathématiques sans histoire vivant chez ses parents. La jeune femme est une ancienne caissière, sans emploi depuis deux ans et "sensible à de nombreuses cause", comme elle l'a indiqué aux enquêteurs. Tous deux n'avaient jamais été inquiétés par la justice. Au terme de cette première audience, ils avaient été laissés libres et placés sous contrôle judiciaire dans l'attente de ce procès devant la 23e chambre du tribunal correctionnel de Paris.

"Ils ont eu une prise de conscience, a fait valoir leur avocate, Me Eméline Samson, après cette première audience. Ils regrettent d'avoir déversé du faux sang mais rejettent les faits de violences. Ils sont pacifiques."

Ce procès intervient alors que les actes de vandalisme contre des boucheries, restaurants ou commerces de bouche se multiplient. Des actions commises par des militants antispécistes qui rejettent toute hiérarchie entre les espèces. Pierre-Antoine et Ludivine encourent pour "violences en réunion" jusqu'à 5 ans de prison et 75.000 euros d'amende. En avril, deux militants vegan, poursuivis pour une série de dégradations dans l'agglomération lilloise, ont écopé de 10 et 6 mois de prison ferme.

Justine Chevalier