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"On a passé un cap": les fédérations de boucher s'insurgent après l'agression d'un commerçant parisien

Le boucher agressé à Paris a reçu de nombreux soutiens.

Le boucher agressé à Paris a reçu de nombreux soutiens. - AFP

Les condamnations sont nombreuses deux jours après l'agression d'un boucher parisien par des militants vegans antispécistes.

Les condamnations sont fermes deux jours après l'agression d'un boucher parisien par des militants vegans antispécistes. Samedi, une vingtaine d'entre eux, scandant des slogans "Liberté, défense des animaux" ont déversé des bouteilles de faux sang dans la boutique du commerçant bio située dans le marché couvert de Saint-Quentin, dans le Xe arrondissement de Paris. Une enquête a été ouverte pour "violences en réunion" et "dégradations".

"On ne peut pas laisser quelqu'un détruire le bien d'autrui, quelque soit la cause", s'agace Jean-François Guihard, le président de la Confédération française de la boucherie charcuterie traiteurs (CFBCT), qui apporte son soutien à l'artisan parisien. 

Après avoir vandalisé l'étale du commerçant parisien, les militants auteurs de cette action ont continué de scander des slogans devant le marché couvert, dont les grilles ont fini par être fermées par les commerçants. Le boucher a porté plainte et deux personnes ont été interpellées et placées en garde à vue. "C'est important pour nous qu'il y ait des interpellations, il faut qu'il y ait vraiment des sanctions", poursuit le président de la CFBCT. La Fédération qui va se constituer partie civile dans cette affaire et se réserve le droit de porter plainte.

Des précédents dans le Nord

Cette affaire résonne également dans le Nord de la France. A la fin de l'année dernière, de nombreux boucheries, restaurants et commerces de Lille et de son agglomération ont été vandalisés par des militants antispécistes. Deux d'entre eux ont été reconnus coupables au début du mois d'avril de ses dégradations et ont écopé de 6 et 10 mois de prison ferme. Deux autres seront jugés en novembre prochain, après un deuxième renvoi de leur procès lors d'une audience la semaine dernière.

"Ce qui s'est passé samedi ne nous étonne pas, réagit Laurent Rigaud, le président des Bouchers du Nord. On vient de passer un cap. Désormais, on ne vient plus la nuit, on ne vient plus cagouler, on passe à l'action en plein jour, devant témoins." Le responsable local rappelle que dans le Nord des mesures ont été prises face à la multiplication des dégradations de boucheries et restaurants. "On ne laisse rien passer, à la moindre petite attaque on porte plainte, poursuit-il. Si on laisse faire, on va arriver à des choses plus graves."

Justine Chevalier