BFMTV
Police-Justice

Affaire Morandini: un juge d'instruction saisi pour enquêter sur des faits de harcèlement sexuel

Jean-Marc Morandini a été mis en examen pour "corruption de mineurs".

Jean-Marc Morandini a été mis en examen pour "corruption de mineurs". - AFP

Deux acteurs de la websérie Les Faucons ont porté plainte contre l'animateur pour "harcèlement sexuel" après le classement sans suite en janvier 2017 de leurs premières requêtes. Un juge d'instruction a été saisi.

INFO BFMTV - L'affaire de la websérie Les Faucons mettant en cause le présentateur Jean-Marc Morandini rebondit. Après le classement sans suite en janvier 2017 des plaintes de plusieurs acteurs du programme qui dénonçaient des faits de harcèlement sexuel et de travail dissimulé, deux d'entre eux ont décidé de porter à nouveau plainte cette fois-ci avec constitution de partie civile.

Une démarche qui déclenche automatiquement l'ouverture d'une information judiciaire et donc la saisie d'un juge d'instruction. 

C'est ainsi que le 24 novembre dernier un magistrat instructeur a été désigné après l'ouverture de deux informations judiciaires sur la base des deux plaintes visant Jean-Marc Morandini. Le juge est en charge d'instruire une enquête pour les chefs de "harcèlement sexuel", "abus de confiance" et "travail dissimulé". A ce stade des investigations, ni Jean-Marc Morandini, ni les deux acteurs qui ont porté plainte ont été entendus par la justice.

L'animateur mis en examen

Le 23 septembre 2016, l'animateur a déjà été mis en examen pour "corruption de mineurs" et a été placé sous contrôle judiciaire. Le 13 juillet 2016, dans une enquête parue dans Les Inrocks, des jeunes acteurs, qui ont passé les castings pour intégrer la websérie, racontaient avoir été abusés, contraints notamment de se déshabiller. D'autres expliquent ne pas avoir été payés. Plusieurs plaintes avaient alors été déposées contre Jean-Marc Morandini. Deux enquêtes avaient été ouvertes par le parquet de Paris, l'une pour "corruption de mineurs", l'autre pour "harcèlement sexuel et travail clandestin".

La première avait alors conduit à une mise en examen de l'animateur, la seconde avait été classée sans suite en janvier 2017, faute d'"infractions insuffisamment caractérisées". Les investigations n'ont pas permis de démontrer que les postulants "avaient subi une forme de contrainte, de pression ou de menaces", a indiqué une source proche du dossier. Selon cette source, des courriels échangés montrent que les plaignants, majeurs au moment des faits, avaient connaissance des conditions de tournage, impliquant des scènes de nudité, voire de masturbation.

L'affaire a tourné au règlement de comptes quand Jean-Marc Morandini, se défendant de ces accusations, a estimé être au coeur d'une vaste opération de déstabilisation. L'animateur a d'ailleurs porté plainte pour "tentative de chantage" contre l'un des cinq plaignants qui l'accusaient de harcèlement sexuel. Il a également mis en cause Marc-Olivier Fogiel mais aussi celui qu'il décrit comme "l'ex-amant" de ce dernier, Mathieu Delormeau, comme à l'origine de cette grande manipulation.

Justine Chevalier avec Cécile Danré